26 Avr 2011, 13:34
*Bordel, 500 ryos...*C'était carrément plus que ce qu'il gagnait à la ferme en une semaine. Pas qu'Ayala payât mal ses employés, non non - mais puisque ceux-ci étaient nourris et logés, le salaire le plus bas suffisait. Jayne ne s'en plaignait pas, il avait bien assez pour vivre, et le travail avec les bêtes lui convenait - moins excitant que ses autres emplois, mais ça faisait du bien de souffler un peu - mais il ne lui restait pas grand chose à mettre de côté pour Delya et Jewel. Quand on avait son niveau d'éducation, on ne pouvait pas exercer un emploi légal
et s'en mettre plein les poches, il en était bien conscient. Alors la guilde était apparue comme une solution miracle : l'argent, l'aventure, des missions parfois louches et des opportunités de se donner à fond tout en rencontrant du monde, qu'y avait-il de mieux ?
Enfin, 500 ryos, c'était le total. Pour l'instant, sa part était de 125 ryos, et c'était loin de lui convenir. Si tout s'était passé comme prévu, encore ; mais non, tout était allé de travers ! D'abord on leur avait menti, puis il s'était rendu compte que le château était surprotégé - mais c'était quoi cet endroit, et c'était qui cette Aoi pour avoir besoin d'autant de gardes ? Et maintenant, ça faisait quasiment une heure que le binoclard et la fille étaient partis, et toujours aucune nouvelle. Le plan était simple, pourtant : fouiller le bâtiment en évitant les gardes pendant que les deux autres faisaient diversion à l'extérieur. L'un pouvait se cacher dans les ombres - donc se rendre invisible et quasiment se téléporter - et l'autre pouvait convoquer des bestioles en cas de besoin, alors franchement, qu'est-ce qui pouvait bien leur arriver de mal ?
Jayne soupira, jetant un œil à l'artificier qui installait son matériel. Ça au moins, c'était une bonne diversion. En attirant les gardes à l'extérieur, ils pourraient se glisser à l'intérieur pour essayer de retrouver leurs compagnons - ou seulement le bouquin, ça lui suffirait - et voir un peu ce qui les retenait... Il observa Charles, des pieds à la tête, sans un mot, tâchant d'évaluer quelle résistance il lui opposerait s'il essayait de le mettre K.O. Il aimait bien ce type, croisé à plusieurs reprises à l'auberge Gassho Zukuri, et il reconnaissait son potentiel, mais s'il ne se débarrassait que des deux autres, sa part ne serait que de 250 ryos. Est-ce que ça en valait la peine ? Sa réflexion fut interrompue par l'explosion des fusées de l'ingénieur, splendide et bruyante à souhait, à tel point qu'elle le fit sursauter. C'était le moment d'agir...
Enfin, ça l'aurait été si quelqu'un n'avait pas brusquement surgi dans son dos pour le pousser vers l'avant. Par un réflexe malheureux, Jayne saisit la main qui l'agressait, s'apprêtant à faire passer Edward par-dessus son épaule pour le jeter au sol sans ménagement... Au lieu de cela, il tomba dans l'obscurité la plus totale. Cela ne dura que quelques instants, mais suffit à le mettre très mal à l'aise. Lorsque des formes et des couleurs réapparurent, il eut un peu de mal à se remettre debout et à comprendre où il était, mais voir ses coéquipiers l'aida à se situer. Le bibliothécaire lui parla de soigner quelqu'un - apparemment Luzianis qui n'avait vraiment pas l'air bien - mais Jayne l'ignora. S'approchant de lui, il le saisit par les épaules et lui fit part de ce qu'il avait en tête :
"Bordel, Edward, qu'est-ce qui t'a pris ? Tu pouvais pas prévenir avant de faire ton truc ? J'ai failli t'arracher un bras ! Et maintenant tu veux que je soigne ta copine ? Et puis quoi encore ?"Pour le coup, il n'appréciait pas du tout de s'être fait embarquer contre son gré. Alors, à son tour, il utilisa ses capacités surnaturelles contre Edward sans lui demander son avis : voilà que, brusquement, le jeune Hibiki avait envie de se faire mal quelque part. Ce fut le moment que Charles choisit pour faire irruption dans la pièce, sans prévenir. Pensant voir débarquer des gardes, Jayne se mit aussitôt en position de combat, prêt à en découdre... La vision de l'artificier - et celle d'Eddie se blessant sous l'effet de son petit tour de magie - l'aida à se détendre, et son éternel sourire en coin retrouva sa place sur son visage.
"Eh beh, Charles, tu soignes tes entrées !"Quant aux questions que l'ingénieur avait posées, ce n'était pas à lui d'y répondre. Plus calme, il s'approcha donc de la femme du sud-ouest pour regarder sa blessure. Elle aussi l'agaçait depuis le début, mais on lui avait appris à protéger les faibles, et les soigner en faisait partie.
"Bon, voyons ce qu'on a là..."