Dream World

Connexion

Nom d’utilisateur:   Mot de passe:   Me connecter automatiquement lors de chaque visite  
Nous sommes actuellement le 18 Mai 2012, 18:46

Heures au format UTC + 1 heure [ Heure d’été ]




Publier un nouveau sujet Ce sujet est verrouillé, tu ne peux rédiger ou éditer aucun message.  [ 17 messages ]  Aller à la page 1, 2  Suivant
Luzianis Aran
Avatar de l’utilisateur
Membre de la guilde de Satô
Membre de la guilde de Satô
Petit à petit, je fais mon nid.
Petit à petit, je fais mon nid.

Aizu, château Ririko, début de soirée ; Edward, Luzianis, Charles et Jayne


*Ça s'est bien passé...*

Adossée à une colonne de marbre noir, dans un couloir mal éclairé, Luzianis serrait les dents, tâchant de ne laisser échapper aucun gémissement malgré la douleur. De sa main gauche, elle maintenait sur l'épaule opposée un morceau de tissu maculé de son sang. Son épais manteau brun n'avait qu'à peine freiné la lame qui lui avait entaillé la peau, mais la Fuerza s'estimait déjà heureuse d'avoir encore son bras. Elle tenta de bouger le membre blessé et fut rassurée d'y parvenir ; même si le mouvement la fit grimacer de douleur, c'était tout de même bon signe. Elle n'avait franchement aucune idée de ce qu'elle devait faire dans cette situation, tant pour son bras que pour le reste, mais se doutait de ce qui l'attendait : cela faisait bien quarante minutes qu'elle tournait en rond avec Edward, fouillant des salles qui se ressemblaient toutes, et il leur faudrait continuer ainsi jusqu'à ce qu'ils eussent atteint leur objectif, si toutefois ils y parvenaient.

La journée n'avait pourtant pas mal commencé, et elle ne savait plus elle-même à quel moment la situation avait dérapé...


    Satô, quartier général de la guilde, début de matinée


    "Le client est un collectionneur, cela fait plusieurs fois qu'il nous engage pour récupérer de précieux ouvrages. Habituellement, tout se passe bien, il n'y a pas de raison que ce soit différent cette fois-ci. Si j'avais mon mot à dire, vous seriez assez de deux pour cette mission, mais pour 500 ryos, je veux bien trouver une ou deux personnes de plus pour qu'il dorme sur ses deux oreilles..."

    Dans le bureau des chefs de la guilde, ce n'était pas Sandaïme ou Yoshihiro que l'Élue des Dieux et le bibliothécaire écoutaient, mais Thai-Ti, l'un des coordinateurs de la guilde qui donnait des informations sur les missions lorsque ses supérieurs hiérarchiques n'étaient pas là. Confiante, Luzianis écoutait avec attention les détails de la mission, ne ressentant pas le besoin de noter quoi que ce fût puisqu'Edward s'était vanté d'avoir une excellente mémoire. Baissant les yeux vers le papier qu'elle avait arraché au tableau des missions, elle relut tout de même les instructions :

    Citer:
    Mission : récupérer un livre à Aizu et le rapporter à Satô.
    Profil recherché : au moins 3 personnes qui sauront protéger le livre en cas de souci.
    Salaire proposé : 500 ryos à se partager, un malus si le livre subit des dégâts.

    Elle s'arrêta là, tâchant de déterminer ce que représentait ce salaire. De toute façon, elle donnerait sa part à des Satôsiens dans le besoin, mais tout de même, elle aurait aimé estimer convenablement ce que 500 ryos - divisés par trois ou quatre, en plus, cela n'allait pas être facile ! - permettaient d'acheter. Était-ce suffisant pour un loyer, ou à peine pour de nouveaux vêtements ? Elle tourna et retourna la question dans sa tête avant d'en trouver une autre : si le client - Kodama Mashuu, un riche satôsien - était prêt à payer cette somme, combien pouvait bien valoir le livre qu'il souhaitait récupérer ?

    "Vous irez à Aizu, à une quinzaine de kilomètres au sud-est. Aoi Ririko habite au nord du village, un peu à l'écart, c'est elle qui vous donnera le livre. Elle vit dans un château, un bâtiment immense que vous ne pourrez pas rater. Le paiement a déjà été effectué et elle s'attend à ce que des hommes de Mashuu lui rendent visite ces jours-ci."

Des bruits de pas se firent entendre et Luz retint sa respiration, adressant un regard paniqué à son partenaire, dissimulé lui aussi derrière une colonne de l'autre côté du couloir. Si Edward pouvait disparaître dans les ombres, elle n'avait pas cette capacité et ne pouvait que prier pour qu'on ne la remarquât pas - ça, au moins, elle savait le faire. Elle n'était pas sûre de pouvoir se défendre en cas d'attaque, et forma de façon préventive une brume glaçante autour de sa main droite. Certes, l'autre main serait plus agile, mais elle n'avait pas intérêt à interrompre la pression sur sa blessure si elle ne souhaitait pas se vider de son sang. Elle commençait d'ailleurs à faiblir : sa tête tournait légèrement et ses jambes avaient du mal à la soutenir. Elle avait besoin de soins, et vite.

Mais comment en étaient-ils arrivés là ?


    Aizu, château Ririko, fin de matinée


    "Je vous dis que je ne connais pas ce Kodama, et que je n'ai aucune intention de vous remettre ce livre. N'insistez pas, ce n'est pas parce que vous travaillez soi-disant pour Satô que je dois vous y renvoyer intacts."

    Aoi Ririko, la quarantaine, une femme nerveuse maigre comme un clou qui ne leur avait pas du tout fait l'accueil espéré. Ses yeux noisette auraient lancé des éclairs s'ils l'avaient pu, et son attitude rappelait à Luzianis une maman ours prête à tout pour défendre ses petits. Si une vie avait été en jeu, elle aurait pu le comprendre, mais pour un simple bouquin, cela lui semblait tout de même exagéré. Avant qu'Ed ou Luz aient pu répondre quoi que ce fût, Jayne, le grand blond bronzé qui les accompagnait, s'approcha d'Aoi pour la menacer avec un sourire en coin :

    "Je ne sais pas à quoi vous jouez, mais je ne crois pas que notre client appréciera que vous gardiez la marchandise alors qu'il vous a payée. Vous nous le donnez maintenant ou d'autres viendront le récupérer par la force..."

    Deux hommes de main, armés et armurés, s'approchèrent pour l'inciter à reculer. Luz ignorait si Aoi disait la vérité, ne comprenait pas pourquoi on leur avait dit que la femme était prévenue si elle ne l'était pas, et se sentait plutôt perdue dans cette situation, mais surtout, elle ne voulait pas faire d'histoires. A trois contre trois, vitalistes contre simples mortels, l'issue d'un éventuel affrontement lui semblait évidente, mais elle ne voyait pas de raison d'utiliser la violence. Ce n'était peut-être qu'un malentendu, rien de plus, et elle n'appréciait pas les manières de Jayne ; aussi elle l'attrapa par le bras pour l'inciter à reculer, avant d'annoncer :

    "Il a dû y avoir une incompréhension entre le client et l'intermédiaire, veuillez nous excuser de vous avoir importunée. Croyez bien que nous ne reviendrons pas vous déranger sans avoir fait le clair sur cette histoire. Nous allons à présent prendre congé."

    Jayne avait protesté, mais elle n'avait pas hésité à lui glacer un peu le coude pour le calmer. Quant à Edward, il avait fait preuve de sa politesse exemplaire avant de les suivre à l'écart. A quelques dizaines de mètres du château, ils s'étaient arrêtés, et le blond - un Anglyais, peut-être ? - avait annoncé, très sérieusement :

    "Cette femme nous ment et il est hors de question qu'on reparte sans le bouquin. Si elle ne veut pas nous le donner, on se débrouillera, mais on n'est pas venu jusque là pour rien. Je ne laisserai pas 500 ryos nous passer sous le nez !"


Ah oui, c'était ainsi que tout avait commencé. L'idée était venue de Jayne, et la Fuerza ne comprenait toujours pas comment il avait pu les motiver à le suivre. Un vulgaire mercenaire qui prévoyait sans doute de garder le livre et le revendre au plus offrant... Mais avant de s'inquiéter de cela, il faudrait déjà s'emparer de l'ouvrage. Du moins, si les gardes qui arrivaient ne les repéraient pas. Ils étaient presque à leur niveau, à présent. Elle grimaça une nouvelle fois à cause de la douleur, maudissant ce blond stupide et son plan plein de failles ; s'il était venu avec eux au lieu de rester dehors pour faire diversion, il aurait pu la soigner puisque cela semblait être dans ses cordes ! Non seulement elle était blessée à cause de lui, mais en plus il n'était pas là pour arranger cela...

Un regard à Edward pour guetter un signal quelconque : souhaitait-il passer à l'action ?
_________________
Apparence :

Hors-ligne Profil Envoyer un e-mail  
Edward Hibiki
Avatar de l’utilisateur
Petit à petit, je fais mon nid.
Petit à petit, je fais mon nid.

Edward remit machinalement ses lunettes sur son nez. Il était adossé à une colonne, juste en face de celle où Luz se terrait, et semblait naturellement s’effacer dans le décor – entre ses habits sombres et son aptitude naturelle à se faire oublier… Il regarda la jeune femme, blessée au bras, et se demanda ce qui avait bien pu faire déraper cette situation.

La journée avait bien commencé, il s’était rendu avec sa seule nouvelle amie au quartier général de la Guilde et avait déniché une mission qui semblait pour le moins facile tout en leur permettant de sortir de la ville. Edward avait assimilé les informations que leur avait déballées le responsable, et pas un seul instant ne s’était-il dit que cette mission pouvait tourner au fiasco. Après tout, tout ce qui touchait aux livres était lui semblait-il dans ses cordes. Aucune précision n’avait d’ailleurs était donnée sur l’ouvrage à part le nom.

*Die RucksacktouristsFührung… Le Guide du Routard. Cela m’étonnerait tout de même fort qu’on nous paie une telle somme pour aller chercher un guide touristique…*

Son manque d’éloquence et de superbe l’avait malgré ses doutes empêché de poser des questions, et Luz et lui s’étaient mis en route avec un dénommé Jayne – un jeune homme bronzé et musclé aux cheveux blonds qui n’inspirait pas vraiment confiance à Edward. Il n’aurait su dire ce qui le gênait chez l’homme. Outre le fait qu’il apprenait à peine à converser en toute confiance avec la jeune Fuerza et que toute autre personne n’était encore qu’une sourde menace et qu’il se braquait toujours autant quand on tentait de discuter avec lui (même s’il réussissait à cacher sa gêne en public).

Sans doute le fait qu’il n’ait pas pris pour argent comptant ce que leur interlocutrice leur avait dit quand ils avaient tenté de récupérer le livre comme convenu – mais que la seule raison qu’il avait évoquée était la récompense qui les attendait au retour. Edward n’avait jamais été vénal, et se méfiait des gens qui avaient un prix. Tôt ou tard, on finit toujours par se faire acheter par une tierce personne plus riche, pensait-il, et ce n’est qu’à contrecœur qu’il avait accepté de suivre le jeune homme et de rentrer par effraction dans la masure.

Ce qui l’avait fait tiquer une nouvelle fois fut quand le blond les laissa passer par une fenêtre puis annonça qu’il attendrait à l’extérieur – ce qu’Edward ne comprenait pas puisqu’il semblait le plus à même de subtiliser quelque chose chez quelqu’un d’autre. Mais l’heure tournait et le jeune bibliothécaire ne pouvait se résoudre à rentrer bredouille de sa première mission sur le terrain. Il fallait qu’il fasse des efforts surhumains pour surmonter sa peur d’être en territoire ennemi, et sans la présence de Luz à ses côtés il aurait sans doute pris ses jambes à son coup depuis longtemps.

Ils avaient erré pendant presqu’une heure et Edward commençait à désespérer – surtout qu’ils avaient vraisemblablement été repérés. Un nombre encore inconnu de gardes trainaient dans le coin.

*Sûrement pour nous arrêter…* pensa-t-il.

Le véritable problème était que sa comparse était mal en point et qu’il fallait prendre une décision tout de suite. Un rapide coup d’œil lui permit de voir deux gardes qui se dirigeaient dans leur direction. Impossible de savoir s’ils les avaient vus ou non. Edward décida alors de jouer sur l’effet de surprise. L’emplacement des lieux étaient relativement utile pour leur tomber dessus, mais la force amoindrie de sa partenaire et la sienne ne devaient sans doute pas rivaliser avec deux adultes entraînés. Restait une solution. Un coup de froid à la tête. Une température assez basse au niveau des tempes pouvait les faire tomber en hypothermie et ainsi soulager nos deux compères de leur conscience. Restait à savoir si Luz y penserait ou si elle pouvait le comprendre.

Il se tourna vers la jeune femme et se dit que le langage des gestes prendrait trop de temps. Il griffonna à la hâte sur un bout de papier :
Citer:
Le plus simple est de poser tes mains sur leurs tempes et de leur « mettre un coup de froid ». Une température assez basse peut les faire s’évanouir et c’est sans doute notre meilleure solution – tu comprendras que je ne suis pas vraiment à même de me battre avec ce genre de personnes. Je te fais confiance.

Il savait que dès qu’il jetterait le papier les gardes verraient un mouvement vers le fond du couloir et s’empresseraient de venir voir. Il faudrait donc qu’il se montre en espérant que Luz avait assez de force pour accomplir ce tour de force. En poussant un gros soupir, Edward fit rouler le papier enfoncé dans le capuchon de son stylo puis fit un pas en avant, le nez en l’air tel un touriste perdu dans un musée.

Hors-ligne Profil  
Luzianis Aran
Avatar de l’utilisateur
Membre de la guilde de Satô
Membre de la guilde de Satô
Petit à petit, je fais mon nid.
Petit à petit, je fais mon nid.

En guise de signe, Luzianis reçut un bouchon de stylo dans lequel Edward avait glissé un mot doux. *Drôle de stratégie*, songea-t-elle alors que l'objet bondissait plus qu'il ne roulait dans sa direction, non sans un bruit certes discret mais tout de même audible dans le calme du couloir. Ni une ni deux, la jeune femme se laissa glisser au sol, ce que ses jambes semblaient attendre depuis un moment. Alors que ses genoux touchaient le sol froid et sombre, elle réalisa qu'elle risquait d'avoir du mal à se relever, mais ne perdit pas de temps et lâcha son épaule blessée - même si c'était déconseillé - pour lire le message aussi vite que possible. A côté d'elle, le bibliothécaire était sorti de sa cachette, et elle entendit l'un des gardes le sommer de ne pas bouger. Son cœur battait plus vite, d'un coup, mais elle devait garder la tête froide. Enfin, techniquement, c'était celles des gardes qu'elle devait refroidir...

Prenant une grande inspiration alors qu'elle replaçait sa main gauche sur sa blessure, la Fuerza réfléchit à toute vitesse. Elle n'était pas sûre de parvenir à faire ce que le Satôsien lui demandait, déjà parce qu'elle n'avait jamais essayé mais aussi parce que, dans son état, elle mettrait du temps à se relever et aurait probablement du mal à s'approcher d'eux à une distance suffisante pour saisir leurs têtes... Ou plutôt, même si elle arrivait jusqu'à eux, ils auraient largement le temps de la repousser, l'éviter, ou pire. Une blessure lui suffisait, elle n'avait pas envie d'en subir une autre... Alors, elle posa sa main droite sur le sol et se concentra, commençant à geler la zone. La douleur la troublait, mais ça pouvait encore aller ; de toute façon, elle n'avait pas le choix.

Faisant preuve d'autant de calme que possible, elle intima alors à Edward : "Recule..."

Cette instruction n'avait pas pour but de lui éviter de glisser, mais simplement d'inciter les gardes à se rapprocher. Ne leur resterait plus ensuite qu'à glisser sur la plaque de glace qui était en train de se former, ce qui les ralentirait si cela ne les blessait pas. Tandis qu'ils avançaient, Luz se redressa, s'appuyant contre la colonne de marbre pour s'aider, en se demandant s'il valait mieux s'enfuir avec Edward ou tenter ce qu'il lui avait demandé... A deux contre une - puisqu'il ne fallait visiblement pas compter sur lui - elle ne pensait pas avoir la moindre chance au corps à corps. Heureusement qu'elle avait ses dons pour compenser...

"Ed..." un silence tandis qu'elle se redressait complètement et s'éloignait de la colonne pour voir si elle réussissait à tenir debout sans aide. Ses jambes tremblaient un peu mais ça devrait aller. Elle se rapprocha tout de même de son partenaire pour s'appuyer sur lui, au cas où. Face à eux, les gardes pressaient le pas pour parcourir la distance qui les séparait des intrus, et... "Cours !"

Elle avait un instant douté d'en être capable, mais ne voyait pas d'autre solution si elle ne voulait pas blesser les gardes - du moins, pas directement. Heureusement, Edward ne fit pas d'histoires et tous deux s'enfuirent, même si cela les forçait à revenir sur leurs pas. Les gardes suivirent bien entendu, se mettant à courir, et ce qui devait arriver arriva : ils glissèrent sur la plaque de glace, l'un se retrouvant les quatre fers en l'air tandis que l'autre heurtait une colonne de marbre de façon particulièrement douloureuse. Mais tout cela, Luzianis ne le vit pas, courant dans l'autre direction à la recherche d'un refuge quelconque.

Finalement, après un croisement, elle désigna de sa main droite la porte d'une salle - normalement vide - qu'ils avaient déjà visitée, pour inciter le bibliothécaire à y entrer avec elle. Il leur fallait une cachette provisoire, et celle-ci devrait faire l'affaire pendant au moins quelques minutes. Il s'agissait d'une sorte de salon de style moderne, richement décoré, avec notamment un canapé sur lequel elle s'effondra aussitôt, à bout de souffle et affaiblie par sa blessure.

Se redressant tant bien que mal, Luz demanda à son collègue : "Penses-tu que tu pourrais aller chercher Jayne ? Par les ombres, je veux dire ? J'ai besoin de soins, et il pourra t'être utile pour continuer... Plus que Charles, en tout cas."


    Satô, quartier général de la guilde, milieu de matinée


    "Voici donc l'équipe au grand complet !" annonça Thai-Ti, faussement enthousiaste.


    L'équipe qu'il avait réunie était étrangement assortie, mais pour la mission qui les attendait, peu importait. La jeune femme regarda ses partenaires en se demandant ce que chacun d'eux faisait là. Edward, le bibliothécaire qui avait du mal à quitter son lieu de travail et que la foule - c'est-à-dire, plus d'une personne - mettait mal à l'aise. Jayne, inconnu au bataillon, mais déjà agaçant avec le sourire en coin qui ne le quittait pas. Et puis, celui qui semblait le moins à sa place dans ce bureau : Charles, qu'elle ne connaissait que de réputation, un inventeur un peu cinglé à ce qu'elle avait compris, en phase avec son écureuil mécanique et tout aussi paumé qu'Eddy quand il s'agissait de communiquer avec les autres. Un groupe étrange, sans aucun doute. Mais après tout, pourquoi pas ?
_________________
Apparence :

Hors-ligne Profil Envoyer un e-mail  
Edward Hibiki
Avatar de l’utilisateur
Petit à petit, je fais mon nid.
Petit à petit, je fais mon nid.

Edward sentit une goutte de sueur couler lentement le long de sa tempe droite. Un frisson parcouru son échine et il observa son acolyte tout en tentant tant bien que mal de se calmer. Une main gantée vint essuyer la preuve de son effroi et il souffla bruyamment.

Rien ne se passait comme prévu – et le jeune homme commençait même à se demander si la situation ne pouvait qu’empirer : sa comparse avait été blessée, ils n’avaient pas trouvé le livre et leur équipe était divisée.

De plus il n’avait été d’aucune utilité pour les pourparlers initiaux qui avaient mené à l’entrée avec effraction – effraction pour laquelle il n’avait pas été non plus d’un grand secours. Et sa réaction face aux deux gardes… Certes, toutes les excuses du monde étaient valables : il n’était aucunement habilité à se battre, ne savait d’ailleurs pas le faire et n’avait au grand jamais pas pensé en se levant le matin qu’il devrait le faire plus tard dans la journée.

Mais d’un autre côté c’est bel et bien parce qu’il était complètement inutile en temps de crise que la jeune femme avait été blessée. Et qu’il se cache derrière elle ressemblait fort à un mélange de couardise et d’impolitesse. Lui qui avait toujours adoré lire sur la galanterie se sentait fort gêné par son comportement. Il aurait aimé dire quelque chose de rassurant à cet instant. Dire à Luz que tout irait bien, qu’il arrangerait les choses. Mais sans en être convaincu, comment persuader son interlocutrice ? C’est alors que la jeune femme se redressa du canapé sur lequel elle était affalée et lui demanda d’aller chercher le blond qui les attendait dehors. Une légère moue se dessina sur les lèvres du jeune homme. Il n’aimait pas vraiment cette personne et le fait de devoir aller la chercher ne faisait que prouver son inefficacité au sein du groupe – bien qu’il soit le seul à pouvoir aller le chercher aussi vite et sans se faire prendre.

Se renfrognant un peu plus, il se remémora le troisième homme de la bande. Charles. L’homme avait trente ans passé et semblait avoir tout fait pour ne pas avoir un centimètre carré de vêtement qui soit propre. De plus les étranges lunettes qu’il portait ne permettait pas à Edward de voir ses yeux, aussi aurait-il pu les scruter depuis le début ou regarder le mur fixement que le jeune homme n’en aurait rien su. Il avait l’air vraiment bizarre, et le sourire qui ne le quittait pas depuis le début de la mission lui donnait l’air d’un Bouddha sous Prozac. Il devait les rejoindre à tout moment et Edward se demandait ce qui pouvait les sortir du pétrin dans lequel ils étaient fourrés.

*Bon, quand faut y aller…*

Edward se pencha derrière un meuble et se concentra sur l’ombre que ce dernier projetait sur le mur. Il posa sa main gauche sur l’ombre qui sembla tout à coup devenir liquide. La main passa au travers puis le reste du corps suivit. Invisible maintenant aux yeux de ses complices mais pourtant toujours dans la pièce, Edward soupira. Il lui fallait aller chercher Jayne en espérant qu’il puisse guérir Luz puis trouver le livre. Une idée commença à se former : il pouvait utiliser les ombres pour se déplacer, pourquoi ne pas "sauter" d’ombre en ombre en attendant de trouver une salle où le livre pourrait se trouver – certainement une bibliothèque, ou la chambre de la maîtresse de maison. Il n’avait cependant jamais tenté d’emmener quelqu’un avec lui sur plusieurs « bonds » et se demandait s’il pourrait proposer à Luz de tenter l’expérience. Il continua à émettre plusieurs hypothèses alors qu’il "glissait" vers l’extérieur de la maison où se trouvait Jayne. Ne voulant pas perdre de temps en discussion superflue, il sortit d’une ombre dans le dos du blond et l’empoigna par l’épaule pour le pousser dans une autre ombre située devant lui. Le blond trébucha et le temps qu’il se relève, Edward et lui se trouvaient dans la pièce avec Luz.

"Ecoutez jeune homme, notre amie est mal en point et je n’y connais pas grand-chose en soin. S’il vous plait dépêchez-vous de la guérir que nous puissions mener à bien notre mission. Merci. "

Il espérait que son nouvel associé accepte sans rechigner afin de ne pas perdre plus de temps. Ensuite il leur proposerait de réfléchir calmement à une solution pour retrouver rapidement le livre. Se scinder en deux groupes de deux augmentait selon lui leur chance de trouver le livre plus vite. Et il leur parlerait de son idée. Pourquoi pas.

Hors-ligne Profil  
Charles Finkels
Avatar de l’utilisateur
Membre novice, je viens de débarquer.
Membre novice, je viens de débarquer.

La journée avait bien commencé pour Charles : il avait réussi à trouver une mission, et en plus de ça, il n’avait pas fait sauter sa cuisine en se préparant son petit déjeuner, ce qui, entre nous, était un exploit certain.

Mais maintenant que le groupe était séparé et qu’il n’avait plus rien à faire, l’ennui commençait à pointer le bout de son nez. Le dieu des murs était au repos ces jours ci, occupé à panser ses plaies béantes qui parsemaient encore ça et là Satô et cela rendait triste Charles qui avait perdu un de ses plus fidèles amis.

“Mais pourquoi j’ai accepté de les laisser partir seuls ? On se serait cru dans un mauvais film d’horreur … Et si on se séparait, on va au grenier et vous à la cave ?“

Charles ruminait devant la bâtisse en attendant des nouvelles de ses deux comparses déjà rentrés à l’intérieur. Le plus dur dans tout ça était de ne pas savoir ce qu’il se passait. Fort heureusement Bouh et Matilda s’amusaient comme chien et chat en se jetant des petits boulons de métal dessus, mais l'ingénieur ne tarda pas à mettre un terme à ce petit vacarme :

”Je vous ai déjà dit de ne pas jouer avec la nourriture !”

Il s'inquiéta alors de savoir ce que faisait l'ami Jayne. Le quatrième larron ne semblait pas vraiment ni commode ni bavard et semblait inerte dans son coin. Soit il était mort, soit il méditait, mais il était bien plus probable qu’il soit mort … qui médite de nos jours …

Voyant qu'aucune idée ne semblait germer de la tête du blond, Charles prit l'initiative de la diversion. D'un geste habile, il fit apparaître ce qui semblait être des lanceurs pour fusée, ainsi qu'un pack conséquent de fusées multicolores. Mettant à profit ses compétences en matière d'explosifs, il plaça plusieurs rangées de fusées le long du bâtiment devant l'entrée principale, en prenant soin de ne pas passer devant les fenêtres. Les « feux d'artifices » étaient positionnés de sorte à exploser sur la façade, faisant ainsi un vacarme assourdissant. Chacune des fusées était reliée par un petit fil qui, finalement, venait se loger dans ce qui semblait être un détonateur.

Une fois le festival préparé, le pyromane fit signe à Jayne de venir se protéger derrière le muret avec lui histoire d'éviter de malencontreuses brûlures. Charles mit dans ses oreilles des bouchons pour se protéger du bruit et en donna aussi une paire au blond. Une fois ces derniers en place, il fit un décompte avec ses doigts.

3 … 2 … 1 …. Clic. Une fois le bouton enclenché, le feu s'alluma, consumant rapidement les mèches menant aux fusées, et, au bout de quelques secondes la première salve de fusées décolla pour venir exploser sur le bâtiment, laissant apparaître une pluie multicolore.
Une vingtaine de fusées s'abattirent ainsi sur le bâtiment, ne faisant strictement aucun dégât sur ces épais murs de pierre, mais faisant résonner dans toutes les pièces le grondement de l'artillerie.

Profitant du moment de panique qu'il venait de créer, Charles fit signe à Jayne de surveiller l'entrée pendant que lui-même allait faire le tour pour trouver une entrée dérobée. Il ne tarda pas à trouver une fenêtre qui n'était pas verrouillée. Un petit coup d'oeil grâce à Matilda lui indiqua que la voie était libre. Ni une ni deux il s'engouffra par la fenêtre pour se retrouver dans un couloir vide … rien de pire pour se cacher. Il se précipita sur la porte la plus proche, et, après vérification araignesque, il ouvrit la porte avec grand fracas :

"Enfin je vous trouve, qu'est-ce que vous foutez ? Ça fait un bon moment qu'on vous attend."

Hors-ligne Profil Envoyer un e-mail  
Jayne Crowley
Avatar de l’utilisateur
Membre de la guilde de Satô
Membre de la guilde de Satô
Récemment inscrit, j'avance prudemment.
Récemment inscrit, j'avance prudemment.

*Bordel, 500 ryos...*

C'était carrément plus que ce qu'il gagnait à la ferme en une semaine. Pas qu'Ayala payât mal ses employés, non non - mais puisque ceux-ci étaient nourris et logés, le salaire le plus bas suffisait. Jayne ne s'en plaignait pas, il avait bien assez pour vivre, et le travail avec les bêtes lui convenait - moins excitant que ses autres emplois, mais ça faisait du bien de souffler un peu - mais il ne lui restait pas grand chose à mettre de côté pour Delya et Jewel. Quand on avait son niveau d'éducation, on ne pouvait pas exercer un emploi légal et s'en mettre plein les poches, il en était bien conscient. Alors la guilde était apparue comme une solution miracle : l'argent, l'aventure, des missions parfois louches et des opportunités de se donner à fond tout en rencontrant du monde, qu'y avait-il de mieux ?

Enfin, 500 ryos, c'était le total. Pour l'instant, sa part était de 125 ryos, et c'était loin de lui convenir. Si tout s'était passé comme prévu, encore ; mais non, tout était allé de travers ! D'abord on leur avait menti, puis il s'était rendu compte que le château était surprotégé - mais c'était quoi cet endroit, et c'était qui cette Aoi pour avoir besoin d'autant de gardes ? Et maintenant, ça faisait quasiment une heure que le binoclard et la fille étaient partis, et toujours aucune nouvelle. Le plan était simple, pourtant : fouiller le bâtiment en évitant les gardes pendant que les deux autres faisaient diversion à l'extérieur. L'un pouvait se cacher dans les ombres - donc se rendre invisible et quasiment se téléporter - et l'autre pouvait convoquer des bestioles en cas de besoin, alors franchement, qu'est-ce qui pouvait bien leur arriver de mal ?

Jayne soupira, jetant un œil à l'artificier qui installait son matériel. Ça au moins, c'était une bonne diversion. En attirant les gardes à l'extérieur, ils pourraient se glisser à l'intérieur pour essayer de retrouver leurs compagnons - ou seulement le bouquin, ça lui suffirait - et voir un peu ce qui les retenait... Il observa Charles, des pieds à la tête, sans un mot, tâchant d'évaluer quelle résistance il lui opposerait s'il essayait de le mettre K.O. Il aimait bien ce type, croisé à plusieurs reprises à l'auberge Gassho Zukuri, et il reconnaissait son potentiel, mais s'il ne se débarrassait que des deux autres, sa part ne serait que de 250 ryos. Est-ce que ça en valait la peine ? Sa réflexion fut interrompue par l'explosion des fusées de l'ingénieur, splendide et bruyante à souhait, à tel point qu'elle le fit sursauter. C'était le moment d'agir...

Enfin, ça l'aurait été si quelqu'un n'avait pas brusquement surgi dans son dos pour le pousser vers l'avant. Par un réflexe malheureux, Jayne saisit la main qui l'agressait, s'apprêtant à faire passer Edward par-dessus son épaule pour le jeter au sol sans ménagement... Au lieu de cela, il tomba dans l'obscurité la plus totale. Cela ne dura que quelques instants, mais suffit à le mettre très mal à l'aise. Lorsque des formes et des couleurs réapparurent, il eut un peu de mal à se remettre debout et à comprendre où il était, mais voir ses coéquipiers l'aida à se situer. Le bibliothécaire lui parla de soigner quelqu'un - apparemment Luzianis qui n'avait vraiment pas l'air bien - mais Jayne l'ignora. S'approchant de lui, il le saisit par les épaules et lui fit part de ce qu'il avait en tête :

"Bordel, Edward, qu'est-ce qui t'a pris ? Tu pouvais pas prévenir avant de faire ton truc ? J'ai failli t'arracher un bras ! Et maintenant tu veux que je soigne ta copine ? Et puis quoi encore ?"

Pour le coup, il n'appréciait pas du tout de s'être fait embarquer contre son gré. Alors, à son tour, il utilisa ses capacités surnaturelles contre Edward sans lui demander son avis : voilà que, brusquement, le jeune Hibiki avait envie de se faire mal quelque part. Ce fut le moment que Charles choisit pour faire irruption dans la pièce, sans prévenir. Pensant voir débarquer des gardes, Jayne se mit aussitôt en position de combat, prêt à en découdre... La vision de l'artificier - et celle d'Eddie se blessant sous l'effet de son petit tour de magie - l'aida à se détendre, et son éternel sourire en coin retrouva sa place sur son visage.

"Eh beh, Charles, tu soignes tes entrées !"

Quant aux questions que l'ingénieur avait posées, ce n'était pas à lui d'y répondre. Plus calme, il s'approcha donc de la femme du sud-ouest pour regarder sa blessure. Elle aussi l'agaçait depuis le début, mais on lui avait appris à protéger les faibles, et les soigner en faisait partie.

"Bon, voyons ce qu'on a là..."
_________________
Apparence :

Hors-ligne Profil Envoyer un e-mail  
Luzianis Aran
Avatar de l’utilisateur
Membre de la guilde de Satô
Membre de la guilde de Satô
Petit à petit, je fais mon nid.
Petit à petit, je fais mon nid.

En réaction à sa demande, Edward avait disparu sans dire un mot, plongeant dans une ombre comme elle l'avait déjà vu le faire. En son absence, elle avait entendu du bruit venant de l'extérieur, sans comprendre de quoi il s'agissait... Il n'avait pas fallu longtemps à son ami pour revenir avec Jayne, et à voir l'expression sur le visage de celui-ci, elle avait bien cru que le bibliothécaire allait se prendre un coup, mais le blond s'était heureusement retenu. Alors qu'il laissait entendre qu'il ne la soignerait pas, Luz tenta un "S'il vous plaît, j'ai vraiment besoin..." mais n'alla pas au bout de sa phrase : la porte s'ouvrit brusquement, et alors qu'elle retenait son souffle, elle vit entrer l'ouvrier qui les avait accompagnés.

*N'était-il pas supposé rester dehors ?*

En même temps, il n'avait pas tort : cela faisait près d'une heure qu'ils cherchaient le livre, mais entre le nombre de salles à fouiller et de gardes à éviter, les recherches s'éternisaient... Et sa blessure, c'était vraiment la cerise sur le gâteau. Ou la goutte d'eau qui faisait déborder le vase - elle confondait toujours ces deux expressions obakiennes qui n'avaient aucun sens dans sa langue maternelle. Jayne commenta l'entrée de Charles et Luzianis supposa qu'il était de meilleure humeur, ce qui se confirma lorsqu'il s'assit à côté d'elle pour examiner sa blessure. Elle ne broncha pas quand il saisit sa main gauche pour l'enlever de la plaie, ni lorsqu'il arracha la longue manche du joli haut qu'elle portait - de toute façon, avec les taches de sang, celui-ci était fichu. Mais à choisir, elle se serait quand même sentie plus rassurée si c'était Edward qui l'avait examinée.

"Bon, je peux arrêter le saignement et refermer la plaie. Ce sera pas super joli mais dans quelques semaines on ne verra plus rien."

La Fuerza hocha la tête, reconnaissante. Il n'avait rien dit quant à la douleur ou la gêne, mais si déjà elle ne perdait plus de sang, ça devrait aller mieux. Elle put donc reporter son attention sur Charles pour lui dire ce qu'il en était :

"Nous avons fouillé presque tout l'étage, sans succès. Les gardes ont largement freiné notre progression, et comme vous pouvez le voir, une confrontation a mal tourné..."

Elle s'arrêta pour inspirer profondément et tourner la tête vers son épaule droite qui la picotait soudainement. Jayne avait les deux mains dessus et semblait concentré, les yeux clos. Au moins, pendant qu'il s'occupait d'elle, il n'avait pas le temps de leur exposer un autre plan foireux ou essayer de s'emparer du livre en les laissant en difficulté. Pour ça, elle ne lui faisait pas confiance, mais elle lui était tout de même reconnaissante d'avoir accepté de la soigner.

"Edward, tu as eu une bonne idée tout à l'heure, même si je ne me suis pas sentie capable de faire ce que tu avais écrit... Tu n'en aurais pas d'autres à nous exposer ?"

Le potentiel de sa capacité à se glisser dans les ombres n'avait pas échappé à la jeune femme, mais elle ignorait combien de fois il pouvait le faire, et avec combien de personnes. Cela dit, leur nouveau plan viendrait peut-être de la personne qu'elle suspectait le moins d'en formuler un - à savoir, Charles.
_________________
Apparence :

Hors-ligne Profil Envoyer un e-mail  
Edward Hibiki
Avatar de l’utilisateur
Petit à petit, je fais mon nid.
Petit à petit, je fais mon nid.

Edward essuya avec son pouce un léger filet de sang qui coulait le long de la commissure de ses lèvres. Le pouvoir du blondinet le répugnait au plus haut point et il lança un regard plein de haine à ce dernier – qui ne s’en rendit même pas compte puisqu’il arrachait sans ménagement la manche de Luz. Il savait pertinemment qu’il était en tort puisqu’il n’avait même pas prévenu son soi-disant collègue de son arrivée, mais la réponse de celui-ci était hors de propos et mettait le jeune bibliothécaire dans une colère noire.

Il fit un pas en avant, souhaitant en découdre avec l’odieux personnage puis se rendit compte que jamais de sa vie il n’avait voulu se battre. Mais les émotions provoquées par ce Jayne lui étaient jusque là totalement inconnues et il était difficile pour lui de les maitriser.

Aussi loin qu’il put s’en souvenir il n’avait jamais été mis en colère – ayant toujours été un garçon calme et effacé, perdu dans ses lectures. Il avait toujours été maitre de ses émotions et le fait de s’emporter lui fit à la fois plaisir – Edward avait l’impression que les gens exubérants semblaient plus normaux à ceux qui les entouraient que les gens trop renfermés sur eux-mêmes – et craindre pour la suite. Toute personne censée aurait vu que Jayne était bien plus musclé qu’Edward et sûrement rompu à diverses techniques de combat. Toute personne censée faisant la carrure d’Edward n’aurait pas songé une seule seconde à engager les hostilités avec le blondinet. Le fait de commencer à perdre son sang-froid lui faisait craindre qu’il ne s’embarque dans un futur proche dans certaines galères.

Edward fit mentalement un pas en arrière, afin de réfléchir à la situation. Comme un lecteur qui regarderait une image d’un livre, il contemplait la situation tout en tâchant de trouver le petit détail qui pourrait les aider. Luz était blessée, aussi ne serait-elle pas d’une grande utilité. Charles avait l’air complètement paumé mais pourrait être d’une aide quelconque – sa maîtrise des artifices pouvait en faire un allié… Mais Jayne était l’ennemi. L’antipathie qu’Edward portait désormais à cet homme pouvait troubler son jugement, mais toujours était-il qu’il ne lui faisait pas confiance depuis le début. Cet homme serait capable de les doubler au dernier moment il en était certain. Il fallait donc trouver un moyen d’en découdre avec lui, ou tout au moins de le forcer à rester dans leur camp d’une manière ou d’une autre sans les trahir. L’homme devait avoir son prix…

Remettant ses lunettes sur son nez, Edward poussa un profond soupir et se lança :

"Au vu des derniers événements, il est évident que nous sommes recherchés par les gardes de la maisonnée. La sûreté est donc de mise. L’état de santé de Luzianis en fait une personne à ne pas mettre en première ligne. Se scinder en deux groupes est une bonne idée, aussi au vu de nos forces et faiblesses pensé-je que le mieux est que je parte avec … Jayne pendant que Charles et Luz trouvent un endroit où se cacher tout en truffant les environs de pièges et autres artifices afin de nous donner un petit avantage si la situation devait tourner au vinaigre. La force de Jayne, et le fait que je lise le Weltsprache et puisse-nous faire nous déplacer aisément font que nous devons être le groupe partant à la recherche du livre… Erm, qu’en pensez vous ?"

Il fait un pas en arrière afin de voir ses trois complices, se demandant si son idée leur irait ou non. De toute façon le temps pressait, et si sa suggestion ne leur plaisait pas, il fallait rapidement en trouver une autre.

Hors-ligne Profil  
Lueur
Avatar de l’utilisateur
Administratrice
Administratrice
Encyclopédie vivante, je sais tout ce qu'il faut savoir.
Encyclopédie vivante, je sais tout ce qu'il faut savoir.

Dans l'urgence de la situation, le plan fut accepté à l'unanimité, à l'exception de Charles qui posa une condition : être escorté par ses compagnons mécaniques. Luzianis proposa un lieu de rendez-vous - l'endroit où Jayne leur avait exposé son plan, à l'extérieur du château - où ils devraient se retrouver une heure plus tard, avec le livre ou sans. La Señala émit quelques doutes quant à sa capacité à suivre Charles dans les couloirs tandis qu'il posait ses pièges, mais lorsque le blond eut achevé de s'occuper de son épaule, elle annonça qu'elle se sentait mieux et qu'il ne devrait pas y avoir de problème. Pas question de perdre plus de temps, donc : Edward disparut, le soigneur avec lui, et chaque duo s'occupa de sa part du marché.

Le plan ne se déroula pas sans rencontres avec les gardes, mais ils s'en sortirent à peu près entiers [hj : à toi de voir si Eddy est blessé], malgré une explosion accidentelle qui aurait pu se révéler particulièrement douloureuse pour Charles si Bouh n'était pas intervenu pour le sauver - selon les dires de l'ingénieur, en tout cas, car sa partenaire était trop occupée à se planquer derrière un meuble pour voir ce qui se passait du côté du Satôsien. La réactivité du téléporteur fut mise à rude épreuve, mais lorsqu'il ne réagissait pas assez vite, Jayne était là pour faire face aux gêneurs. Le château Ririko était en effervescence, tous les gardes ayant été lancés à leur recherche, mais heureusement, ceux-ci n'étaient pas assez nombreux pour occuper toutes les pièces, et s'il se trouvait des vitalistes parmi eux, le petite groupe eut la chance de n'en croiser aucun, ou de s'enfuir suffisamment vite pour ne pas avoir à l'affronter.

En ligne Profil Envoyer un e-mail  
Jayne Crowley
Avatar de l’utilisateur
Membre de la guilde de Satô
Membre de la guilde de Satô
Récemment inscrit, j'avance prudemment.
Récemment inscrit, j'avance prudemment.

A force de passer de pièce en pièce et de fouiller bibliothèques, coins et recoins à la recherche du livre qu'ils étaient venus récupérer, Edward et son camarade se retrouvèrent dans une chambre immense aux allures de salle des trésors. C'était comme si le moindre objet, qu'il fût utile ou simplement décoratif, était une œuvre d'art. Cela n'échappa à Jayne, qui n'hésita pas à se servir, se remplissant les poches avec quelques babioles qui devaient chacune valoir une fortune - peut-être même plus que la somme de toutes ses possessions. Sa certitude de trouver le livre dans cette pièce était telle qu'il prit le temps de s'enfoncer dans un fauteuil confortable tandis qu'il fouillait les tiroirs d'un bureau massif, de sauter puis se laisser tomber sur un lit queen size avant de regarder au-dessous, et même de choisir deux robes dans un dressing.

*A tous les coups il va croire que c'est pour moi... Bah, après tout, qu'est-ce que j'en ai à carrer de ce qu'il pense ?*

Étonnamment, ces distractions - ou pertes de temps - ne l'empêchèrent pas de trouver le livre avant son collègue, justement dans le-dit dressing. En effet, son œil averti repéra - derrière les robes - un double-fond qu'il n'hésita pas à transpercer de son poing, vitae aidant, avant d'arracher la plaque de bois pour découvrir trois étagères couvertes d'objets divers. Il trouva un portrait d'Aoi Ririko adolescente, avec deux adultes qui devaient être ses parents ; une sphère en verre aux allures de presse-papier qui se brisa lorsqu'il la lâcha involontairement en voulant la voler ; une bouteille de vin plus que centenaire, d'après l'année indiquée sur l'étiquette ; et d'autres choses encore, jusqu'à trouver trois livres. Un problème se posa à ce moment-là, et il grogna alors que son poing s'écrasait en plein sur un miroir qui vola en morceaux. Ignorant les quelques éclats qui attaquaient sa peau, il soupira en réalisant une chose fondamentale. Il allait avoir besoin d'Edward, finalement.

De l'endroit où il se trouvait, le bibliothécaire ne le voyait pas, et Jayne aurait pu en profiter pour planquer le livre sous ses vêtements et ensuite prétendre n'avoir rien trouvé. Seulement, s'il avait de la place pour un, il n'en avait pas pour trois, et ignorait lequel prendre. Ce n'était pas qu'il ne savait pas lire le Wasserwelter - de toute façon, il n'avait pas retenu le nom de l'ouvrage à récupérer. En fait, c'était pire que ça. A contrecœur, il sortit du dressing et montra les trois livres à son partenaire :

"C'est un de ceux-là ?"

Comme tout bon Neojin mâle, le voleur préférait l'action à la réflexion. Respectueux des Vrais Valeurs, il avait absorbé les enseignements de son père comme une éponge et se comportait encore comme on le lui avait enseigné - à un ou deux détails près. Et, comme tout Neojin mâle, Jayne était... illettré. Cela posait certes un problème dans le cas présent, mais rien d'insurmontable. Edward n'avait pas besoin de toucher les bouquins pour en lire les titres, seulement d'en voir les couvertures. S'il mettait la main dessus, il pourrait disparaître avec, laissant le blond seul dans ce qui semblait être la seule pièce - à l'exception d'une salle de bain, accessible depuis la chambre, qu'ils avaient visitée brièvement - située au dernier étage du château. Pas question de laisser le cendré y toucher, donc. Restait à espérer que l'autre ne chercherait pas à le tromper en désignant un livre sans intérêt comme étant le bon...
_________________
Apparence :

Hors-ligne Profil Envoyer un e-mail  
Afficher les messages publiés depuis:  Trier par  
Publier un nouveau sujet Ce sujet est verrouillé, tu ne peux rédiger ou éditer aucun message.  [ 17 messages ]  Aller à la page 1, 2  Suivant

Heures au format UTC + 1 heure [ Heure d’été ]


Qui est en ligne ?

Utilisateur(s) parcourant actuellement ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 1 invité


Tu ne peux pas publier de nouveaux sujets dans ce forum
Tu ne peux pas répondre aux sujets dans ce forum
Tu ne peux pas éditer tes messages dans ce forum
Tu ne peux pas supprimer tes messages dans ce forum
Tu ne peux pas insérer de pièces jointes dans ce forum

Rechercher pour:
Aller vers: