18 Sep 2011, 18:24
Académie Centrale, fin de matinée ; Ningyo et Naimdé (Bái Okami)
Arrivée à Satô deux jours plus tôt, Ningyo s'était rapidement fixé comme priorité de se remplir le ventre, trouver un endroit où loger et dormir pendant deux jours. Il fallait bien avouer que le voyage l'avait fatiguée - oui, la tornade verte était fatigable - et que la perspective de se détendre dans un lit bien douillet la faisait rêver. Malheureusement, si son premier repas - au restaurant Oki - avait été à la hauteur de ses attentes, sa première nuit n'avait duré que dix heures, interrompue à trois reprises, à cause du bruit et d'une chute qui lui avait valu quelques bleus. Au final, elle avait mal dormi, ne se sentait pas du tout reposée et n'avait pas pu se consoler avec le petit-déjeuner puisque l'hôtel servait seulement un thé imbuvable et du pain avec une confiture sans goût, ni avec une bonne douche chaude puisque la plomberie était en travaux à son étage. Autant dire que la journée avait mal commencé.
C'était donc tout naturellement qu'elle avait quitté l'hôtel à la moindre occasion pour aller faire un tour et se familiariser avec Satô nouvelle version. Sa deuxième journée au bercail n'avait été qu'une longue balade dans la neige interrompue par quatre repas - deuxième petit-déj', déjeuner, goûter et dîner - et une petite heure dans un sentô afin de s'y détendre et s'y réchauffer, mais surtout de s'y laver. Elle était rentrée à l'hôtel encore plus fatiguée que la veille, mais avait cette fois dormi d'une traite pendant plus de douze heures. Le réveil avait été difficile, son dos lui faisant mal à cause de la mauvaise qualité du matelas, mais cela l'avait découragée de flemmarder au lit et elle s'était levée bon gré mal gré avec un nouvel objectif en tête : se rendre à la Tour du Kage pour quatre raisons capitales.
D'abord, vérifier sur le panneau d'affichage que sa tête et celle de Tassy n'étaient pas mises à prix : elle avait déjà regardé deux jours plus tôt, mais on ne savait jamais. Ensuite, obtenir une nouvelle carte d'identité avec la mention "civile" et pas "genin" afin de ne plus être identifiée comme une ninja de Satô. Puis, trouver où logeaient désormais les Tensha, ses parents adoptifs, et s'assurer que Yumi, Kinya, les Borgia et les Kisaragi étaient toujours à Satô. Enfin, vérifier que Bái Okami, rencontré deux jours plus tôt, était bien un conseiller du kage Ruko Hijikata et l'époux d'Omoi Ichi comme il l'avait prétendu. Un programme chargé, donc, mais elle avait tout fait. Au final, pas d'avis de recherche, une nouvelle carte en préparation, des infos sur les Tensha, sa meilleure amie et les Kisaragi, mais rien sur son frère ni les Borgia. Quant à Bái, et bien, c'était justement le sujet qu'il lui restait à aborder avec Karin Chun.
La rouquine semblait passablement agacée par les question de Ningyo, mais comme il n'y avait personne d'autre à l'accueil de la Tour Nacrée, elle n'avait pas réussi à l'envoyer balader. La brune ne se rendait de toute façon pas compte du calvaire que cela pouvait être pour la réceptionniste de devoir lui répondre, et ignorait avec une naïveté déconcertante les remarques désagréables à son égard et autres tentatives de se débarrasser d'elle. A vrai dire, elle commençait même à se sentir à l'aise, les coudes sur le comptoir, et à se dire qu'elle prendrait volontiers place de l'autre côté si un poste se libérait. Mais ce ne serait pas encore aujourd'hui qu'elle allait être engagée, puisque Karin était sur le point de lui fournir une information qui la ferait déguerpir vite fait bien fait.
"Au fait, Bái Okami, ça vous dit quelque chose ?- Bien sûr, tout le monde le connaît !- Vraiment ? Et c'est qui ?- Mais enfin, c'est le mari de la chef des anbus ! Vous ne la connaissez pas non plus ?- Vraiment ? Mince alors, dire que je l'ai traité de menteur... Et il fait quoi dans la vie ?- C'est un chuunin de Satô, ains...- Ah ! Un simple chuunin ! Je le savais !- Ainsi qu'un proche conseiller du kage.- No way !"La réceptionniste fronça les sourcils, ne comprenant visiblement pas ces deux mots anglyais. Ningyo elle-même n'était pas sûre de les connaître mais aimait se donner un genre en les utilisant lorsqu'elle étai surprise. Dans le cas présent, elle avait du mal à en croire ses oreilles, et se demanda un instant si Karin n'était pas de mèche avec Bái, avant de se dire que c'était tout de même peu probable.
"C'est bon, vous allez me laisser travailler ?- Attendez, vous pouvez pas m'en dire plus ?- J'ai un travail, moi. Si vous voulez savoir autre chose, vous n'avez qu'à aller le voir.- Le voir ? Où ça ?- A l'Académie Centrale, il a son propre bureau là-bas.- Mais c'est génial ! Merci beaucoup !"Deux pas chassés en direction de la sortie et l'ex genin quitta la Tour Nacrée pour se rendre à son ancien lieu de formation. Elle eut du mal à se retenir de courir dans le quartier du Vent mais se dit que cela allait paraître louche et se contenta d'un pas rapide au rythme d'une comptine fuerza qui lui trottait dans la tête. Arrivant finalement devant le portail -ouvert- de l'Académie, elle eut un pincement au cœur en repensant à ce qui s'était produit à cet endroit deux ans et demi plus tôt, mais ne fléchit pas et traversa la cour pour entrer dans le bâtiment principal. Là-bas, elle demanda à l'accueil où elle pouvait trouver Bái Okami, et on lui indiqua l'endroit sans lui poser de questions. Arrivée devant le bureau de celui-ci, elle se retint d'ouvrir la porte et y frappa quelques coups.
Un
"Entrez" lui répondit et elle ne se fit pas prier. Elle ne laissa passer qu'une seconde, le temps d'observer la pièce - un bureau classique avec beaucoup de paperasse - et de se demander ce qu'elle était venue faire ici, puis improvisa comme elle avait l'habitude de le faire :
"Bon, vous aviez raison, vous êtes bien ce que vous dîtes, j'aurais pas dû douter de vous."Tout ça pour ça. Elle bloqua sur le pas de la porte, ne sachant pas ce qu'elle pouvait ajouter à cela... Avant de tilter :
"Dîtes, pourquoi vous avez un bureau ? Si vous êtes conseiller vous allez directement voir le kage non ? La pile de feuilles là, c'est des trucs pour lesquels il veut vos conseils ?" Non, ça ne la regardait pas, mais ce n'était pas cela qui allait l'arrêter !