09 Jan 2012, 15:00
Lorsque Luzianis s'était blessée en effectuant une mission pour la guilde, se mettant en danger pour récupérer un simple livre en pensant à la récompense financière dont elle pourrait faire bénéficier quelque miséreux, les soins surnaturels l'avaient soulagée par deux fois. D'abord dans l'urgence, avec Jayne qui n'y connaissait rien en médecine, puis au calme, avec un soigneur de la Congrégation. Les deux hommes avaient si bien procédé qu'elle n'en gardait plus ni marque, ni douleur, et pouvait assurer à ceux qui la questionnaient qu'elle s'en était parfaitement remise. Dans les jours suivants, elle s'était bien sentie un peu faible, mais cela lui était passé assez rapidement.
Du moins, jusqu'au soir où elle était allée patiner avec Edward. A force d'enchaîner les chutes sur la glace, elle s'était fait de vilains bleus et avait réveillé une douleur dans son épaule qui ne semblait pas vouloir s'en aller. Cela faisait bien une semaine que la douleur, quoique faible, la gênait, sans toutefois qu'elle en parlât à qui que ce fût. Elle aurait pu s'adresser à nouveau au soigneur qui, dons divins aidant, lui aurait vite fait oublier cette sensation désagréable, mais c'était pour elle hors de question ! Cette fois, elle s'était blessée en s'amusant : elle ne méritait donc pas qu'on utilisât de l'énergie divine pour la soigner, ce serait un gâchis ! Mais elle ne pouvait pas pour autant rester sans rien faire.
Afin que la nouvelle de sa blessure ne circulât pas dans la Congrégation, elle alla donc voir une voisine qu'elle avait croisée quelques fois et lui demanda l'adresse d'un soigneur. Depuis l'attaque de Satô, beaucoup de personnes se méfiaient des médecins "modernes" et de leurs appareils anglyais, même ceux qui n'étaient pas électriques, et préféraient se tourner vers la médecine traditionnelle. Les soins "naturels", que certains considéraient comme désuets mais auxquels beaucoup étaient restés attachés, avaient donc fait un boom ces dernières années. La voisine envoya donc Luzianis rendre visite non pas à un médecin, mais à une herboriste. Confiance, la jeune femme suivit son conseil.
Ignorant à quelle heure Atsune Atorini ouvrirait son commerce, elle lui rendit visite en milieu de matinée en espérant que la vieille femme aurait du temps pour la voir. La voisine l'avait décrite comme une "ancienne", une personne très sage qui savait tout sur les plantes de la Région Libre, peut-être même du continent ! L'Elegida n'avait pas besoin d'une personne aussi savante, cependant : tout ce qu'il lui fallait, c'était un remède qui soulagerait sa douleur le temps que celle-ci disparût, ou qui l'éliminerait en quelques jours - la douleur, bien sûr, pas Luzianis. Sortant ses mains gantées de son épais manteaux, elle regarda autour d'elle pour s'assurer qu'aucune tête connue ne l'observait, puis poussa la porte de la boutique avec une certaine curiosité.