07 Déc 2011, 13:53
Le kage Hijikata était plongé dans la contemplation d'une broche qu'il tenait entre ses mains lorsque la porte s'ouvrit. Connaissant les sales habitudes du conseiller qui devait le rejoindre à cette heure-ci, il ne leva pas les yeux pour voir qui avait eu l'audace d'entrer dans son bureau sans y avoir été invité et posa simplement le bijou dans sa boîte. Au
"Attrape !" annonçant que Bái lui lançait quelque chose, il adressa un regard à l'homme aux cheveux blancs et réceptionna à une main l'objet qui arrivait dans sa direction. Tandis que l'autre s'installait, il ouvrit la boîte pour découvrir un petit personnage dont la tête, trop grosse par rapport au reste du corps, bougeait au moindre mouvement.
Les explications de l'époux d'Omoi lui confirmèrent ce qu'il avait craint : ces longs cheveux noirs et ce long kimono bleu ouvert sur une tenue noire étaient bien supposés le représenter. Haussant un sourcil, il posa le bobblehead sur son bureau en observant les mouvements de sa tête, et déclara sans quitter son cadeau des yeux :
"On ne t'a jamais expliqué que la fête des cadeaux était réservée aux civils ?" Effectivement, cette année, on ne devait pas faire de cadeaux aux ninjas, qui seraient normalement gâtés en 2016. Une tradition injuste et idiote, trouvait-il, mais qu'il perpétuait comme tout Satôsien respectant l'histoire et les principes de la ville. Que Bái offrît un cadeau au kage signifiait-il qu'il ne le respectait pas en tant que ninja ? Ruko tâcha de ne pas y penser.
Comme d'habitude, le chuunin fut très bref et énigmatique. Son rapport initial n'apportait pas grand chose et était formulé de telle façon à ne pas pouvoir continuer sans l'intervention du kage. C'était comme s'il attendait que le chef de la ville le suppliât de partager son savoir. Depuis leur rencontre, Ruko avait toujours eu une dent contre Bái, et même si leur relation s'était quelque peu améliorée, il avait parfois des "rechutes". Des jours où la fatigue, le stress ou une quelconque contrariété le rendait un peu grincheux et où le simple fait de penser au mari d'Omoi lui donnait des envies de meurtre. Heureusement qu'il savait se contrôler et dissimuler ses émotions, sans quoi il aurait eu bien du mal à sortir ce
"Quel genre de problème ?" que l'autre attendait.
A la mention de "guerrier", le Hijikata pencha légèrement la tête en arrière. Ce n'était clairement pas ce qu'on lui avait dit sur ce peuple, aussi il ne put s'empêcher de se demander si le terme était bien choisi. Il ne posa pas la question, cependant, puisque déjà Bái passait à autre chose. Il tendit la main pour récupérer le rapport en se disant qu'il y trouverait de toute façon la réponse et que, si cela ne suffisait pas, il pourrait toujours en discuter avec le Conseiller Raigen. C'était après tout pour toutes ces questions d'ordre international qu'il avait recommandé son intégration au Conseil Exceptionnel, un choix qu'il n'avait pas regretté jusque là. Mais ce n'était pas le moment de se féliciter pour son jugement, car l'homme aux cheveux blancs avait changé de sujet.
"Une aide... Cela explique comment tu as pu me donner tes conclusions sur ces rapports alors que ta formation a occupé tout ton temps ces dernières semaines. Très bien, je suis d'accord pour que tu aies un assistant, jusqu'à ce que tu sois juunin, j'aviserai ensuite. Tu voudrais garder la personne qui t'a aidé ? De qui s'agit-il ? Et surtout, combien cela va-t-il coûter à notre chère ville de Satô ?"