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Luzianis Aran
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Membre de la guilde de Satô
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Petit à petit, je fais mon nid.
Petit à petit, je fais mon nid.

Maison de la Congrégation de Segura Fe, début de soirée ; Luzianis et Edward

dans les messages à venir, tout ce qui est en italique (sauf les pensées) a été fourni par le partenaire de jeu par MP ou sur MSN.


"Quelle heure est-il, à présent ?
- Dix-huit heures et quatre minutes.
- Tu me sembles agacée, Segurita. Quelque chose ne va pas ?
- Oh, rien, je me disais simplement qu'il faudrait installer une pendule dans votre salle d'eau pour que vous n'ayez pas à me poser la question toutes les deux minutes.
- C'est une bonne idée.
- Si vous me le permettez, je vais aller voir si Aliz a besoin de mon aide avec les derniers préparatifs.
- Vas-y. Préviens-moi simplement lorsque notre invité sera là.
- Je reviendrai lorsque votre invité sera là."

Depuis sa salle de bain personnelle, Luz ne vit pas son "assistante attitrée" s'éloigner, mais entendit distinctement le bruit désagréable d'une porte que l'on claque - en l'occurrence, celle qui séparait sa chambre du couloir. L'Élue grimaça à ce son, puis tâcha de se détendre, cherchant dans le silence et "l'obscurité" de ses yeux clos la tranquillité que son bain était supposé lui prodiguer. Le dîner à venir ne la stressait pas particulièrement, mais la façon dont Segurita la "titillait" à longueur de journée commençait à lui déplaire. Elles se connaissaient depuis plusieurs années sans qu'il y eût jamais eu le moindre accrochage entre elles, et voilà que, à peine plus d'un mois après leur arrivée à Satô, la Fuerza "non-Élue" semblait s'être littéralement métamorphosée !

Déjà, Segurita faisait à Luzianis des reproches à la moindre occasion, ayant même émis une opinion négative contre ce dîner car, selon elle, cela ne se faisait pas d'inviter un étranger dans leur "demeure sacrée" au lendemain d'une fête religieuse sans avoir consulté qui que ce soit. La servante se montrait de plus en plus désagréable avec les Élus, à coups de "fais-le toi-même" et autres "je ne suis pas ta boniche". D'ailleurs, elle n'appelait pas Luz "Aran-Elegida" comme les autres. Mais son attitude contestataire n'était pas ce qui gênait Luz. Non, il y avait pire : elle avait à plusieurs reprises remis en doute le statut "supérieur" des Elegidos en disant que, si n'importe qui pouvait être "vitaliste", les dieux n'avaient sûrement pas élu qui que ce fût. Et ça, Luz ne le supportait pas.

*Ce n'est pas une prêtresse, elle n'a jamais reçu un quelconque signe et personne ne l'a forcée à rejoindre la congrégation pour nous assister. Je ne sais pas si c'est une crise d'adolescence en retard, la mauvaise période du mois ou de la jalousie pure et simple, mais si elle continue comme ça, je vais... je vais...*

Se redressant, elle rouvrit les yeux et frappa la surface de l'eau avec sa paume pour exprimer son agacement. Le bruit que cela provoqua fut accompagné d'un "Rah !" qui résonna dans la salle de bain. La violence du geste causa une petite onde qui fit légèrement déborder la baignoire, mais elle n'y fit pas attention. Elle tenta à nouveau de se calmer, en vain, et décida finalement qu'elle avait assez passé de temps dans son bain. Se levant, elle mit un pied sur le carrelage et glissa sur la petite flaque d'eau qu'elle avait causée, se rattrapant de justesse à la baignoire en se cognant un genou dans un choc assez douloureux.

"Mierda !"

Il lui fallut une bonne quinzaine de secondes à se frotter le genou pour atténuer un peu la douleur, puis elle attrapa un peignoir et passa dans la chambre, juste à côté, pour aller s'écrouler sur le lit.

Personne. Le silence. Pas de Segurita pour faire ses commentaires désagréables. Le calme. La chaleur du peignoir qui avait été placé devant un radiateur. Le confort du lit, sur pas moins de six couvertures et fourrures. Elle se sentait bien, là. Un peu fatiguée, cela dit. Elle ne serait pas contre une petite sieste. Elle avait le temps, non ? Sa tenue était prête et n'avait qu'à être enfilée, une servante devait venir s'occuper de ses cheveux vers dix-neuf heures, et Aliz supervisait les préparations du dîner... Sachant cela, Luzianis se détendit et, en l'espace de quelques minutes, laissa le sommeil la gagner...
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Edward Hibiki
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Petit à petit, je fais mon nid.
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Il était 18h30 et Edward avait les yeux rivés sur la pendule surplombant la sortie de la bibliothèque. Cette espèce de gardien comptant les heures le mettait mal à l’aise et il se demandait si le quartier avait beaucoup changé depuis sa dernière sortie deux ans auparavant. Une vingtaine de minutes devait suffire, mais la ponctualité avait-il lu était une qualité qu’il se devait d’avoir et la simple pensée qu’il pouvait se perdre le faisait frissonner. Et s’il ratait sa première sortie depuis des années ? Le cuisant échec le ferait s’enfermer dans son placard à balais appartement, ses montagnes de livres le protégeant du monde extérieur, et le reste de condiments pouvant le faire survivre durant des mois entiers.

Secouant la tête, Edward tenta de reprendre ses esprits. S’il se comportait comme il l’avait longuement étudié – s’en tenir aux minimums de propos, éviter tout débat qui pourrait malencontreusement finir, ne pas fixer les gens dans les yeux, respirer doucement par le nez, se répéter que tout allait bien se passer, ne pas s’enfuir en courant à la moindre contrariété, … - tout irait pour le mieux.

*Tout va bien se passer…*

Il attendit 18h40 puis fit rapidement le tour de la bibliothèque pour annoncer aux dernières personnes s’y trouvant d’évacuer les lieux - une témérité inaccoutumée accompagnée d’un sourire gêné qui fit se lever les rares récalcitrants. A 18h45 il était dehors, et resserrant sa cravate il partit vers le Nord de la ville. Le Quartier de la Terre n’était pas si loin, mais il marchait d’un pas pressé pour éviter tout contretemps. En chemin, Edward se demandait encore ce qu’il pouvait acheter comme cadeau. La question l’avait torturé pendant quatre jours durant et il n’avait trouvé aucune solution. L’idée d’acheter un whisky de la famille Hibiki aurait pu passer pour une blague, mais ne buvant pas d’alcool il aurait du refuser si on lui en avait proposé ce qui aurait pu passer comme un affront ou un manque de savoir vivre… Dieu que les us sociaux étaient compliqués !

Il atteignit rapidement le Quartier de la Terre et trouva facilement la maison de la Congrégation de Segura Fe. Il lui restait une dizaine de minutes mais toujours pas de cadeau. Que pouvait-il bien amener qui passerait en n’importe quelle situation ? Une boutique en face de lui le fit tiquer. Pouvait-il … ?

*Oh, et après tout....*

A 19h28 il avançait le long du bassin puis pris pied sur un petit ponton de bois qui séparait la bâtisse de la rue. Au moment où il toquait à la porte, il se demanda en resserrant son étreinte sur le paquet cadeau comment l’offrir tout en restant discret, d’une simple phrase qui dirait tout…

*Je vous ai apporté des bonbons, parce que les fleurs c’est périssable… Mouais, pourquoi pas ?*

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Segurita Ilona
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Encyclopédie vivante, je sais tout ce qu'il faut savoir.
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Depuis l'extérieur, Edward put distinctement entendre "J'y vais !" annonçant que quelqu'un allait lui ouvrir. Cependant, il se passa bien une minute avant que la porte s'ouvre, laissant apparaître une jeune femme à l'air blasé, aux yeux et cheveux bleu vif culminant à 1m68 - Segurita. Une pomme à la main, elle croqua dans celle-ci, prenant le temps de bien mâcher avec la bouche ouverte tout en l'observant de haut en bas et de bas en haut. Derrière elle, une petite entrée dont le sol et les murs étaient recouverts d'un parquet rougeoyant, avec un petit banc de bois sombre. L'inconnue avala finalement son morceau de pomme et demanda :

"Qu'est-ce que vous voulez ?"

Edward ouvrit de grands yeux, toussa en faisant disparaître la moitié de son visage derrière sa main gantée - sorte de dernier rempart entre lui et cette inconnue - et remit ses lunettes sur son nez... "Bonjour je viens pour voir Luzianis, je lui ai apporté..." - il se rendit compte alors que dans sa précipitation il avait oublié les livres sur son bureau - "... des bonbons... ?"

La jeune femme regarda le sac, le visage d'Edward, et déclara sur un ton sarcastique : "Super, elle pourra les offrir à Logo." puis croqua à nouveau dans sa pomme. Aucun mouvement pour l'inciter à entrer, aucune tentative de prévenir qui que ce fût de son arrivée, elle avait décidé de faire preuve de toute la mauvaise volonté dont elle était capable et se débrouillait plutôt bien.

Bloqué, Edward se demanda ce qu'il fallait faire. Mais s'étant juré de ne pas prendre ses jambes à son cou au moindre embêtement, il tenta de sourire et déclara d'un ton mal assuré : "Excusez-moi, mais je suis supposé être attendu ... N'est-ce pas le moment où-vous allez chercher votre amie pour la prévenir de mon arrivée ... Ou me proposer d'entrer ?"

Haussant les épaules, Segurita s'arrêta de mâcher le temps de répondre : "Je suppose. Vous êtes sûr de vouloir entrer ? Si vous voulez partir, je dirai que vous avez eu un empêchement." Le mot "amie" n'était pas très adapté, en tout cas pas aujourd'hui, mais elle ne fit aucun commentaire à ce sujet, mâchant avec acharnement comme si elle avait peur d'avaler un trop gros morceau de pomme et s'étouffer avec. Si l'invité décidait de partir, cela suffirait à la "venger" de ce mauvais choix de vocabulaire. Rien ne l'amuserait plus que de voir la réaction de Luzianis si son cher bibliothécaire lui posait un lapin...

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Edward Hibiki
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Petit à petit, je fais mon nid.
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Edward, interloqué ne savait plus ou se mettre. Alors qu'il faisait tout pour tenter d'avoir un échange cordial, on aurait dit que son interlocutrice faisait tout pour le voir partir, se moquant de toutes les conventions. Remettant une nouvelle fois ses lunettes sur son nez - sorte de tic nerveux - il dit d'une voix plus assurée cette fois :

"Vous savez, c'est assez malpoli de mâcher ainsi votre fruit devant moi la bouche ouverte. Et j'ai rendez-vous avec Luzianis et non pas vous, aussi je vous saurais gré d'aller la chercher au lieu de tenter de me faire partir... Erm, je vous prie."

La témérité d'Edward était arrivée à son paroxysme. Un mot de plus de la jeune fille et il sentait qu'il finirait par lâcher le morceau. Cette fille, ses cheveux bleus et son manque de savoir vivre le rendaient mal à l'aise...

"Bon, si vous y tenez..."
Elle ouvrit la porte un peu plus grand, lui faisant signe d'entrer, puis avança sans l'attendre (ni refermer la porte).

Au-delà de l'entrée, une grande pièce faisait office de salon, avec dans un coin plusieurs canapés et fauteuils mal assortis autour d'une table basse transparente, dans un autre une table et des chaises d'un bois clair, ci et là des meubles dont une petite bibliothèque où romans en augur et livres sur Satô se côtoyaient. Toujours du parquet au sol et aux murs, et quelques Fuerzos qui regardèrent Edward avec curiosité. L'un lui fit un signe de la main, depuis l'autre bout de la pièce, une autre passa près de lui en lui souhaitant "Bienvenue !", et finalement une autre femme arriva en lui souriant.

Portant un tablier par-dessus sa robe, elle était à peine plus petite que Segurita mais déjà minuscule selon les critères satôsiens. Elle avait une quarantaine d'années, bien qu'on la trouvât souvent plus jeune à cause de son visage enfantin, et sa silhouette portait encore les marques de trois grossesses pas si récentes.

"Bonsoir, vous devez être monsieur Hibiki ? Bienvenue, nous vous attendions tous avec impatience !"

A côté, la bleue ne put retenir un "Enfin, tous..." qui lui valut un regard noir de l'autre femme.

Edward se sentait de plus en plus gêné. La jeune femme avait interrompu la conversation en faisant demi-tour à l'intérieur de la maison. Une brève poussée de la porte avait fait comprendre au jeune homme qu'il pouvait entrer - dire qu'il était le "bienvenu" était pour le moment assez hypothétique... A mesure qu'il était entré, ses pas s’étaient faits de plus en plus hésitants, comme avançant sur un pont menaçant de s'écrouler. Puis des gens avaient commencé à apparaitre de toute part et Edward avait ralentit encore son allure. Face à une personne il se voyait déjà en infériorité numérique, alors face à plusieurs...

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Aliz Onad
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Voyant qu'Edward restait en arrière, la plus aimable des deux supposa qu'il attendait qu'on le débarrasse avant d'aller plus loin. Se rapprochant, elle commença par se présenter pour tenter de le mettre à l'aise :

"Je suis Aliz Onad, l'intendante de cette maison. Puis-je prendre votre manteau ?"

A l'attention de la fille aux cheveux bleus, elle ajouta :

"Segurita, vas donc prévenir Aran-Elegida que son invité est arrivé. Et lâche cette pomme, veux-tu ?"

Segurita lui lança la pomme, qu'Aliz rattrapa de justesse avant de la mettre dans une poche de son tablier. Tandis que l'intendante attendait qu'Edward enlevât son manteau, la bleue se dirigea vers la cage d'escalier et commença à monter les marches en faisant autant de bruit que possible. Pour faire oublier cette mauvaise attitude, Aliz se renseigna :

"Avant de commencer le dîner, y a-t-il des aliments que vous n'aimez pas ou auxquels vous êtes allergique ?"

Tout à coup une petite dame vint le voir pour le proposer de le débarrasser de son manteau et il put enfin se concentrer sur une seule personne. Ayant un peu potassé son sujet, il esquissa un sourire et en s’inclinant légèrement lui donna son manteau en la remerciant. Il avait lu que l’hôte proposait assez souvent de prendre le manteau d’une personne – l’invité étant traité avec déférence, ce qu’Edward n’avait jamais vécu mais tentait de jouer, et pas si mal pour le moment. Elle lui demanda ensuite s’il était allergique à quoi que ce soit et c’est à ce moment qu’Edward se rendit compte que le régime très strict à base des mêmes aliments – lait, œufs, féculents … - ne lui avait jamais fait se poser la question de savoir s’il était certains aliments qu’il ne pouvait ingérer…

« Navré madame Onad, je mange assez souvent les mêmes choses et ne sais donc pas vraiment si je suis allergique. Je n’ai par contre aucun a priori envers le poisson, les tubercules ou autres fruits mais ne bois pas d’alcool… »

La réponse surprit quelque peu Aliz, mais l'embêta bien plus. S'il se découvrait des allergies ce soir, le dîner risquait de tourner au drame ! Mais sans savoir ce qu'elle pouvait ou ne pouvait pas lui servir, comment faire ? Elle n'allait tout de même pas le restreindre aux seuls aliments qu'il connaissait, alors qu'elle avait remué ciel et terre pour trouver de quoi composer un menu fuerzo. Oh, il n'y aurait pas énormément de choix, mais les plats prévus étaient complexes et nécessitaient chacun des aliments qu'on ne trouvait pas très facilement à Satô. Elle avait dû envoyer trois Fuerzos à Xi'an pour faire en sorte d'avoir ce qu'il fallait, et cela le jour même pour que les aliments soient bien frais. Au final, le menu avait d'ailleurs dû être revu pour s'adapter aux aliments introuvables, ce qui n'avait pas été simple...

"Et bien, je vais prévenir notre soigneur pour qu'il reste dans le coin, et s'il y a le moindre problème au cours du dîner il interviendra immédiatement. Ne vous inquiétez pas, je ne laisserai pas une allergie insoupçonnée vous gâcher la soirée !"

En entendant les propos de son interlocutrice, Edward sentit de nouveau une poussée de gêne l'envahir.

"Je suis navré madame, tout ceci est de ma faute... Servez les plats comme vous les aviez préparés je vous prie et je tâcherai de faire honneur à votre cuisine... Et quoiqu'il arrive et s'il se trouve un aliment qui ne sied à mon organisme vous ne serez aucunement responsable de mon mal-être puisque je n'étais moi-même pas au courant..."

"Vous êtes bien aimable de me déculpabiliser ainsi. En attendant l'arrivée de votre hôte, asseyez-vous donc où vous voulez, d'accord ? Puis-je vous apporter quelque chose à boire ?"

"Erm... oui, avec plaisir. N'importe quoi fera l'affaire je vous remercie."


Aliz laissa donc l'invité s'installer et alla ranger son manteau dans un endroit inconnu, laissant Edward seul avec d'autres Fuerzos qui discutaient tranquillement dans le "coin canapés". Aurait-il le courage de les rejoindre ?

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Luzianis Aran
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Petit à petit, je fais mon nid.
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Toujours endormie, Luzianis n'entendit pas la porte de sa chambre s'ouvrir dans un grincement pourtant désagréable. Segurita tenta un "Hey !" pour la réveiller, sans trop élever la voix cependant. Puisque cela ne donnait rien, elle prit le temps de faire le tour de la chambre, tranquillement, s'arrêtant même devant le petit autel aux neuf dieux pour leur demander d'avoir pitié de l'Élue et de faire dégonfler ses chevilles. Et puis, au bout de deux minutes, elle se dirigea vers le lit, attrapa un oreille particulièrement épais et le lança tout bonnement sur la belle au bois dormant. La puissance du choc réveilla la victime, qui roula aussitôt sur le côté, par réflexe, en levant les mains pour arrêter l'arme du crime. L'oreiller se recouvrit d'une fine pellicule de glace et la servante le lâcha en soupirant.

"Segurita, qu'est-ce qui te prend ?
- Il est dix-neuf heures trente, votre invité est arrivé.
- Déjà ? Mais enfin, pourquoi ne m'a-t-on pas réveillée plus tôt ? Janassa devait me coiffer il y a une demi-heure...
- Oh, je sais, j'ai pensé que vous aviez besoin de repos alors je lui ai dit que vous préfériez le faire seule.
- Segurita, ce n'est pas drôle ! Je ne suis pas prête et il est déjà là..."

Tout en discutant avec la servante, Luzianis s'était levée et avait laissé tomber son peignoir pour enfiler ses vêtements en quatrième vitesse. Segurita lui proposa de la coiffer, mais lorsque l'Élue la vit avec une paire de ciseaux à la main, elle la pria de sortir et la laisser se préparer. Épaisseur après épaisseur, jupe après jupe, accessoire après accessoire, l'Élue fut enfin prête... à un détail près : sa coiffure. Ce fut donc seule qu'elle les brossa, puis les coiffa, les attachant comme elle le pouvait, pour arriver à un résultat un peu plus "fantaisiste" que son chignon habituel. Devant son miroir, elle soupira, se demandant s'il était trop tard pour appeler Janassa, pour finalement décider de descendre ainsi. Après tout, si son invité lui faisait la moindre remarque sur sa coiffure, elle pourrait toujours étrangler Segurita à mains nues.

Fin prête, ou autant qu'elle pouvait l'être, Luz quitta donc sa chambre pour descendre au salon, prenant bien garde à ne pas marcher sur sa jupe - enfin, la plus longue des trois. Il aurait été fâcheux qu'une chute mortelle l'empêchât de faire découvrir à son invité les saveurs de son pays. Elle fut heureuse de ne pas croiser la servante traîtresse et alla accueillir le bibliothécaire en souriant. Certains Fuerzos s'inclinèrent légèrement à son passage, mais elle les ignora, ne quittant pas Edward des yeux. Arrivée devant lui, elle s'arrêta à une distance raisonnable pour ne pas le mettre mal à l'aise.

"Bonsoir Ed, et bienvenue dans la modeste demeure de notre congrégation. J'espère que vous n'avez pas eu de mal à trouver. Veuillez me pardonner ce léger délai, je n'avais nullement l'intention de vous laisser seul si longtemps mais un imprévu m'a mise en retard. Je vous remercie de m'avoir attendue."

Lui laissant le temps de répondre ou de ne pas le faire, elle continua : "Si cela ne vous embête pas, j'aimerais vous présenter aux personnes présentes. Cela ne prendra qu'un instant et vous n'aurez pas à parler à chacun."

A moins qu'il refusât d'être présenté aux autres, elle se tourna donc vers les quelques curieux qui les observaient avec plus ou moins de discrétion, puis déclara :

"Les presento a Edward Hibiki, es un Elegido que trabaja en la biblioteca."
Je vous présente Edward Hibiki, c'est un Élu qui travaille à la bibliothèque.

Il y eut quelques exclamations, quelques messes basses et plusieurs regards surpris, mais finalement, la dizaine de personnes présente s'inclina respectueusement, certaines prononçant une phrase qui contenait "Hibiki-Elegido" mais que Luzianis ne traduisit pas, préférant lui glisser à l'oreille : "Ils remercient les dieux de vous avoir élu, et de vous avoir menés jusqu'à eux. Enfin, jusqu'à nous."

Première leçon de civilisation fuerza. Par la suite, Luz l'invita à quitter le salon : "Si vous le voulez bien, nous allons passer dans la salle à manger réservée aux Élus. Nous y serons seuls, j'ai pensé que vous apprécieriez mieux le repas si nous n'étions que tous les deux. Quelques Élus nous rejoindront un peu plus tard si vous le voulez bien."
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Edward Hibiki
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Petit à petit, je fais mon nid.
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La petite dame disparut aussi prestement qu’elle était apparue, véritable tourbillon emportant avec elle ses dernières certitudes et son manteau. Gêné, il aurait pu l’être si on l’avait laissé sans dire un mot dans un quelconque vestibule en terre inconnue. Mais gêné il ne l’était pas. Apeuré, plutôt. Il ne savait que dire à ces gens qu’il ne connaissait pas – et qui peut-être ne parlaient même pas l’obakien. Réfléchissant à toute vitesse, il se demanda comment lancer quelques banalités propres aux dialogues sociaux sans devoir rentrer dans une vraie conversation. Un pas loin d’être alerte en avant, un léger signe de tête et Edward se lança.

« Bonjour… ‘a va ? »

Remise en place des lunettes en haut de son nez. Deux pas en arrière, les joues empourprées. Une brève auto-poignée de mains gantées pour chercher un ersatz de contenance. Un bon début.

Et là, catastrophe. Un Fuerzo se tourna vers lui et lui sourit. Un sourire embarrassé. Edward retint son souffle, craignant le pire. La tension commença à monter et le jeune Satôsien commençait même à regretter d’être un jour né quand l’homme lui répondit :

"Perdóname, no hablo obakian."

*No hablo … Certes…*

Le jeune homme souffla bruyamment. Un sourire ravi, et paumes tendues vers le ciel il haussa légèrement les épaules comme pour s’excuser de ne comprendre la langue – même si son sourire montrait malheureusement la satisfaction du bibliothécaire causée par l’avortement de la conversation. Il allait faire demi-tour pour chercher une occupation de l’œil en attendant son hôtesse quand cette dernière descendit les escaliers en face de lui. Habillée comme les princesses qui peuplaient les contes de sa mère, elle était tout simplement ravissante. Edward avait rarement vu – de ses yeux, vu – des habits aussi hauts en couleur. Il était indifférent aux styles vestimentaires et aux modes de ses semblables mais devait ici reconnaître la grâce de la jeune femme. La jeune Fuerza le salua alors et lui souhaita la bienvenue. Edward souriait bêtement béatement et s’inclina légèrement en lui souhaitant le bonsoir. Et quand elle voulut s’excuser de son retard, Edward s’empressa de répondre (une grande première) :

« Je vous en prie, je viens à peine d’arriver… »

Elle lui proposa ensuite de le présenter au florilège d’inconnus qu’il avait eu le bonheur de croiser sans avoir à leur parler, et bon joueur le jeune homme acquiesça d’un signe de tête. La présentation fut brève : quelques mots en Fuerzo accompagnés d’une traduction, que son hôtesse lui chuchota (faisant ainsi grimper la température du pauvre garçon de quelques degrés). La jeune femme lui offrit ensuite de quitter tout ce beau monde pour passer dans la salle à manger réservée… Et bien, réservée aux gens comme eux – qui étaient bel et bien, Edward pouvait maintenant le constater par lui-même, des gens privilégiés et fort bien entourés. Un peu trop même selon ses critères – qui définissaient le fait d’être trop entouré comme être entouré de plus de trois personnes. A bonne distance. Elle lui annonça alors qu’ils seraient sans doute rejoints en cours de soirée, ce à quoi un Edward en son bastion aurait répondu en demandant s’ils seraient plus de trois. Au lieu de cela, bien urbain, il répondit :

« Avec plaisir… Luz. D’ailleurs, veuillez à mon tour m’excusez – non pas que ce soit un concours – mais la raison pour laquelle vous m’invitez était somme toute basée sur mon apport de livres à votre congrégation… Et je viens les mains vides. Enfin, voici des bonbons…dit-il un bras tendu vers elle, le paquet dans la main tout en faisant un pas en arrière (dans le doute). Puis Edward ajouta, affolé, en chuchotant :Je suis navré, c’est la première fois que je suis invité chez quelqu’un, j’espère que cela se fait et que vous aimez les bonbons… »

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Luzianis Aran
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L'absence de livres surprit effectivement Luzianis qui, avouons-le, avait complètement oublié ce détail à cause de son propre retard. Si elle y avait pensé plus tôt, sans doute aurait-elle supposé que les livres avaient été posés quelque part ou que quelques habitants de la maison avaient déjà leurs nez dedans. Elle se demanda bien sûr pourquoi il ne les avait pas apportés, mais surtout, pourquoi il était tout de même venu alors qu'il avait bien dû se rendre compte de son oubli en chemin. Peut-être avait-il vraiment envie de dîner avec elle, finalement. Mine de rien, cela la toucha. Plus d'une fois elle s'était dit qu'il se dégonflerait, vaincu par trop de pression, et finalement, il avait eu le courage de venir. Et avec un cadeau, en plus.

"Des bonbons ?" répéta-t-elle, surprise. Elle adressa au paquet un regard interrogateur, se demandant de quoi il s'agissait. Attrapant le cadeau, elle observa l'emballage, sans comprendre. Simple problème de vocabulaire ou choc culturel ? Pour le coup, elle ne savait pas quoi dire, n'ayant aucun moyen de fournir une réponse satisfaisante à la question d'Edward.

"Et bien je vous remercie." Difficile d'en dire plus sans savoir de quoi il s'agissait. Elle ajouta tout de même, pour le rassurer :
"Ne vous inquiétez pas pour les livres, comme je vous l'ai dit je peux très bien envoyer quelqu'un les chercher à la bibliothèque. Ou bien y aller moi-même, maintenant que je sais où elle se trouve."

Elle hésita, pensant qu'il n'était pas très poli de lui poser la question aussi franchement, mais le fit tout de même :
"Ces bonbons... Qu'est-ce que c'est ?"

Un ange passa, le regard amusé par les deux ahuris.
"Les bonbons... Et bien ce sont ... des friandises, des petits amuses-bouche sucrés, des douceurs, des... des... enfin ça se mange, quoi."

L'explication suffit à la Fuerza, ravie de découvrir une nourriture inconnue.
"Et bien nous y goûterons a... Excusez-moi, devrions-nous les manger avant ou après le repas ?"

"Et bien... le mieux est souvent de les manger en fin de repas, accompagnés d'une boisson chaude. Ou en milieu d'après-midi accompagnés d'une boisson chaude... Enfin, j'ai pour ma part l'habitude de manger sucré en fin de repas - quand je mange un dessert... Vous mangez bien des desserts non ? Et si jamais vous avec un creux en milieu de journée, que faîtes-vous donc pour y pallier ?"

La jeune femme avait touché un point sensible. Les livres, l'histoire et la nourriture étaient les trois sujets sur lesquels Edward était intarissable (ou l'aurait été s'il avait eu plus tôt des gens avec qui parler).

Dessert. Des serres ? Non. Mot inconnu de la jeune femme, qui préféra utiliser ce sujet de conversation pour faire avancer les choses.
"Je mange trois fois par jour et cela me suffit amplement. Comme vous allez pouvoir le constater, nos repas sont consistants et il est donc rare d'avoir un "creux". Êtes-vous prêt à passer à table ?"

"Bien sûr, avec plaisir. Je vous suis."


Sur cet accord, Luzianis mena donc son invité jusqu'à la salle à manger des Élus. La décoration était similaire à celle de la pièce principale, mais d'un tout autre standing. Ici, tous les meubles étaient d'un même bois clair, un large lustre finement travaillé éclairait la pièce de mille feux, et la large table ronde sur laquelle ils allaient manger était recouverte par une nappe de soie colorée de tons bleus, clairs et sombres, s'accordant avec la tenue de l'Élue. Coïncidence ? Peut-être, peut-être pas, peu importait. Autour de la table, cinq chaises, cinq assiettes et sets de couverts, et sur la table elle-même, rien pour l'instant.

"Asseyez-vous où vous voulez," invita-t-elle Edward, s'installant en premier pour lui permettre de choisir la place qui lui conviendrait le mieux, pas trop proche d'elle si cela le mettait mal à l'aise.

Lorsqu'ils se furent installés, elle posa une question bateau pour le faire patienter : "Avez-vous passé une bonne journée ?"

Puis Aliz réapparut, portant deux larges assiettes bien garnies, et les posa non pas devant eux mais au centre de la table. Présentant les deux assiettes, elle annonça d'abord : "Lotte aux pêches et à l'aneth," - ce que Luz commenta, comme une confidence : "mon plat préféré," - puis : "Truite au cassis et à la menthe." On aurait pu croire que cela suffisait, mais un Fuerzo arriva bientôt avec deux assiettes supplémentaires pendant qu'Aliz s'éclipsait : "Faisan aux chanterelles et aux tomates, et assortiment de carottes, pommes de terre et radis pour accompagner votre repas."

L'homme quitta la pièce et Luzianis expliqua : "J'ai demandé à ce qu'il y ait du choix pour que vous puissiez goûter à tout, alors n'hésitez pas à vous servir dans tous les plats. J'ignorais si vous mangiez avec des baguettes comme beaucoup de Satôsiens, ou avec fourchette et couteau, alors vous avez les deux. Les plats vous conviennent-ils ?"

Aliz revint alors avec un plateau sur lequel se trouvaient plusieurs pichets qu'elle désigna tour à tour : "Cirucor, un alcool de prune ; mentino, un alcool de menthe ; jus de framboise et abricot ; jus de mûre au basilic. Je peux également préparer autre chose si cela ne vous convient pas. Que puis-je vous servir ?" Elle commençait bien sûr par l'invité, puis servirait à Luz le mentino qu'elle aimait tant.

Le repas pouvait désormais débuter, en espérant qu'Ed ne serait pas perturbé par cette nourriture inconnue et étrangement répartie.
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Edward Hibiki
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Petit à petit, je fais mon nid.
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Edward pénétra dans une pièce immense – pour ses critères. Le fait d’avoir – de voir – un lustre accroché surplombant la salle à manger agrandissait étonnamment la pièce, et le fait de ne pas voir de rangées de livres ou d’étalages de nourriture mais seulement des meubles comme dans une vraie pièce, interpelait quelque peu le jeune homme. Qui se sentait petit. Très petit.

La jeune femme s’installa sur l’immense table ronde qui allait leur servir de lieu de conversation – beaucoup plus exposée aux regards et aux écoutes des inconnus jusque-là invisibles que ne l’étaient les petites tables de la bibliothèque. Et le fait qu’ils étaient seuls pour le moment ne rassurait qu’à moitié l’invité : le nombre de couverts prévoyaient une suite aussi mouvementée que son introduction à la congrégation – au détail près que les convives parleraient sûrement. Dans le meilleur des cas ils ne parleraient pas obakien et Edward leur parlerait à travers sa nouvelle amie – était-ce bien le mot ?- et dans le pire des cas il devrait faire la conversation à quatre personnes différentes dont trois qu’il ne connaissait ni d’Eve ni d’Adam (qui qu’aient pu être ces gens-là d’ailleurs…)

*Bon, bon, bon,…*

Son hôtesse lui proposa ensuite de s’asseoir, et alors qu’il regardait la disposition de la table il se rendit compte que la table mise ainsi il lui était impossible de trouver une place qui lui permette de ne pas se sentir envahi. Soit il choisissait une place en face de la maîtresse de maison – ce qui tolérait une conversation simple et évitait de sembler collant – soit il s’asseyait à sa droite, ce qui certes lui permettait de réduire d’un le nombre d’inconnus l’entourant mais pouvait sembler impoli le temps du tête à tête. Fichtre.

*Prendre sur soi, une des plus importantes obligations d’un invité. L’hôte tente de lui faire le plus plaisir, l’invité tente au maximum de lui faire croire que c’est réussi, que ce soit vrai ou non…*

Edward s’assit donc à peu près en face d’elle, tout en souriant – le genre de sourire que l’on s’efforce de faire quand on à parié à une assemblée qui malheureusement écoutait qu’on sauterait du plus haut plongeon de la piscine alors que l’on est hydrophobe, et que la foule obligeant on se voit contraint de le faire. Elle lui demanda alors comment s’était passé sa journée, banalité affligeante mais qui avait le mérite de faire débuter la conversation. Il allait répondre quand la petite dame apparut comme par enchantement (Edward en vint à s’en demander si elle n’était pas une incantation de son convive, fort utile au demeurant…) et au lieu de leur servir des plats individuels, les posa au milieu de la table. Du poisson – ce qu’Edward n’avait pas mangé depuis plus de deux ans, faute de motivation pour aller jusqu’au marché (véritable foyer infectieux de gens de toute sorte) – cuisiné de manière différente avec des fruits et des herbes. L’eau lui montait à la bouche, et il allait proposait à Luz de la servir quand deux autres assiettes furent posées sous ses yeux ébahis. De la volaille cette fois – à part des rumstecks plus que communs, le Satôsien n’avait non plus pas eu le courage de se déplacer pour chercher de véritable courses en viandes depuis pas mal de temps. Ravi donc, le Satôsien.

Il avait à peine fini de se « rincer les yeux » que sa compagne en parfaite hôtesse lui soulignait qu’il avait couverts occidentaux et baguettes selon ses propres habitudes. Edward se souvint alors qu’à part une énorme cuillère pour ses petits-déjeuners et ses déjeuners et ses diners (tout nageant dans d’obscures sauces ou n’étant que bouillies pour plus de facilité…), il ne souvenait pas avoir jamais vu de couverts – ou même de baguettes – dans son habitat. Il savait se servir des deux pourtant. Il décida alors de laisser son interlocutrice se munir des siens avant de prendre les mêmes en main.

"Les plats ont l’air délicieux, je vous remercie. Désirez-vous que je vous serve ?"

Alors qu’il posait sa question, la petite dame revint proposer une boisson. Edward arqua un sourcil, aucune de ses combinaisons ne lui étant pour le moins familier. Délaissant l’alcool il opta pour le mélange le moins étrange.

"Je goûterais le jus de framboise et abricot avec plaisir, merci...- puis alors que Luz se faisait servir sa boisson - Et je vous souhaite bon appétit, ma dame."

Et il attendit alors de voir si sa comparse attendait d’être servi par ses soins ou si elle allait le faire par elle-même pour alors commencer à se servir.

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Luzianis Aran
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Petit à petit, je fais mon nid.
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Proposant de la servir, Edward avait eu droit à un "Non merci, je le ferai," accompagné d'un sourire. Il était là en tant qu'invité, si elle voulait être servie, elle pouvait le faire elle-même ou demander à Aliz de revenir. Enfin, même s'il y avait beaucoup de choses qu'elle ne faisait pas elle-même alors qu'elle en était tout à fait capable, se servir à manger quand quelqu'un d'autre avait déjà passé du temps à cuisiner à sa place était tout de même dans ses cordes. En revanche, elle n'eut pas d'objection à son "bon appétit", répondant simplement : "A vous aussi, j'espère que tout cela va vous plaire !"

Elle commença donc à se servir, pensant qu'ils le feraient en même temps, et piocha simplement dans le premier plat, piquant sa fourchette dans une pomme de terre au passage.

N'en ayant goûté depuis un certain temps, Edward décida de commencer par le poisson. Il attendit que son hôtesse commence à se servir puis se servit une petite portion de lotte. Le mariage de la plante et du fruit était intéressant, autant au niveau du nez que du palais. Les effluves de l'aneth cachaient quelque peu l'odeur du poisson mais ce dernier se révélait pleinement une fois en bouche - c'est ce qu'aurait pu se dire Edward s'il avait été fin gourmet, mais ces informations purement théoriques ne semblaient pas convenir à une véritable discussion... Et pour le jeune homme, du poisson quel qu'il soit était un délice. Cherchant quelque peu dans sa mémoire, Edward finit par trouver une bonne accroche pour leur discussion qu'il fallait à présent entamer (le déjeuner ayant commencé).

"Dites-moi Luz, savez-vous si ce poisson est d'eau douce ou si c'est une lotte de mer ?"

Luzianis finit tranquillement de mâcher sa bouchée et donna à Edward une réponse qui allait probablement changer sa vie : "C'est un poisson d'eau douce. Segura Fe, ainsi que beaucoup de villes à Fuerza, est située au bord d'un lac immense dans lequel cohabitent toutes sortes de poissons. Les Señalos mangent exclusivement des poissons de mer, et nous ceux d'eau douce. Je ne saurais vous renseigner sur l'origine géographique de ce poisson, mais Aliz doit le savoir si cela vous intéresse."

Il avait l'air de manger d'un bon appétit, ce qui signifiait soit qu'il n'avait rien mangé depuis leur dernière rencontre en prévision de ce dîner, soit qu'il appréciait réellement les plats. Voilà au moins un aspect de la soirée qui serait réussi. Si la nourriture lui convenait, peut-être serait-il ouvert à une discussion un peu moins superficielle ? L'Élue hésita, ne voulant pas gâcher ce repas avec des questions qui le mettraient mal à l'aise, et commença par lui en demander l'autorisation.

"Dîtes-moi Ed, puis-je vous poser une question personnelle ?"

Edward venait de finir sa lotte - et non sa lamproie comme il eut craint un moment - quand Luz lui demanda l'autorisation de lui poser une question. Personnelle, la question. Edward pensait plus à la truite au cassis, se demandant si la baie pourrait camoufler quelque peu le gout de la menthe (dont il n'était guère friand) aussi répondit-il sans vraiment y penser : "Oui, oui bien sûr..."

Luzianis hésita tout de même, mais puisqu'elle avait son accord...
"Vous n'avez guère l'habitude des conversations, n'est-ce pas ? Est-ce que... Est-ce que cela vient de vos parents ? N'aviez-vous personne à qui parler quand vous étiez plus jeune ? Frères et soeurs, cousins et cousines, amis... ?"
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