19 Déc 2010, 15:25
[hj : owiii une session "raconte-moi ton petit-déj" !]Comme la plupart des matins, Luzianis fut réveillée par son horloge interne. Pour elle qui avait l'habitude de se lever très tôt et de faire le tour des temples de Segura Fe avant de réellement commencer sa journée, le décalage horaire avec la capitale fuerza était bien pratique. Ici, pas de temples, pas de fidèles qui l'arrêtent en chemin pour discuter, mais une nouvelle routine. Au réveil, après avoir enfilé une robe de chambre bien épaisse et joliment décorée, elle commençait toujours par une petite prière devant l'autel improvisé au pied de son lit, avec un appel à la protection des neuf dieux pour sa famille et ses amis, puis généralement quelques mots à certains dieux en particulier.
A la sortie de sa chambre, il y avait toujours quelqu'un pour lui offrir un jus de fruits. Tandis que Luzianis se rendait au "salon des Élus", où elle déjeunait avec les quelques autres Elegidos venus à Satô, on ouvrait les volets de sa chambre, faisait son lit et un brin de ménage, avant de lui faire couler un bain. La jeune Aran dégustait tranquillement un festin digne de son statut tout en discutant avec ses égaux, échangeant des impressions sur Satô et ses habitants, ainsi que leurs programmes de la journée. C'était à cette occasion, entre deux galettes de pomme de terre recouvertes de groseilles, qu'elle avait ce matin évoqué son intérêt pour WasserWelt et son envie d'en savoir plus.
"Jamais entendu parler, lui avait-on répondu en augur ;
Est-ce un village ?- Plutôt un pays, si j'ai bien compris. Mais je crois que la personne qui m'en a parlé n'avait pas toute sa tête."Elle faisait bien sûr référence à Rune JürgenToch et à sa "simplicité d'esprit", mais l'existence de WasserWelt lui avait été confirmée par un autre membre de la guilde, Wilfred Gidae. Le premier Élu était retourné à son petit-déjeuner, mais un autre avait tout de suite fait une suggestion :
"Tu devrais chercher dans des livres, les auteurs publiés sont certainement plus fiables que les Satôsiens mal informés ou ton informateur fou.- Folle, en réalité, mais je ne crois pas que son état soit si grave. Après tout, il s'agit d'une Élue, les dieux ne l'auraient pas choisie si sa situation était si inquiétante. Mais je vais suivre ton conseil. Sais-tu où je pourrais commencer mes recherches ?- Certainement. Dans le quartier sud, à la bibliothèque générale. Je n'y suis pas allé moi-même mais j'ai pu entendre des Satôsiens en parler avec enthousiasme."La destination et la tâche de la journée avaient donc été choisies de cette façon. Par la suite, Luz s'était lavée, habillée avec goût, puis avait organisé, avec un autre Élu, la prière commune matinale. Rien de bien compliqué, il suffisait d'évoquer les personnes en difficulté qui auraient bien besoin d'un soutien divin, puis chacun se recueillait en silence avant de recevoir la bénédiction des Élus. Elle avait ensuite revêtu un long pull bien épais, son manteau brun et les accessoires indispensables à sa survie en milieu hivernal, avant de quitter la demeure de la congrégation.
Le trajet jusqu'au quartier du Feu avait été, comme d'habitude, froid et compliqué. Anis avait dû demander son chemin à des ninjas patrouillant dans le coin, et n'avait pu s'empêcher de s'arrêter devant un "vide" troublant. En effet, sur une large zone, le sol semblait avoir été creusé, et des enfants s'amusaient à y descendre en glissant sur des luges. Était-ce un espace de jeu ? C'était si grand ! En y réfléchissant, elle se dit qu'il pouvait s'agit d'un terrain de sport - d'un sport qu'elle ne connaissait pas encore mais découvrirait certainement bien assez tôt. Il s'agissait en fait du "cratère" du quartier du Feu, mais cela, Luzianis l'ignorait, n'en ayant pas entendu parler ; et puis, il était dissimulé par la neige, alors comment le deviner ?
Arrivant finalement devant la bibliothèque générale, elle ne perdit pas de temps à l'observer et entra directement, s'arrêtant à peine la porte refermée derrière elle pour ôter son bonnet orange et son manteau, couverts de neige. S'il y avait un endroit pour les accrocher, elle le ferait, sinon il lui faudrait les garder à la main. Vêtue d'un pull gris qui lui arrivait presque aux genoux, laissant apparent le bas d'une robe dorée brodée de fleurs rouges, elle s'approcha de l'accueil d'un pas assuré sans toutefois se défaire de ses gants. Trouvant le bibliothécaire en pleine sieste, elle s'en offusqua d'abord, puis s'en amusa en voyant que lui aussi avait gardé ses mains bien au chaud.
Dormir au travail était irresponsable et irrespectueux, et quelque chose que Luzianis n'appréciait pas. Mais d'un autre côté, ce jeune homme lui semblait presque attendrissant, elle n'avait pas tellement envie de le déranger. Oh, bien sûr, elle aurait pu s'aventurer seule dans la bibliothèque pour faire des recherches par elle-même, mais ayant l'habitude de se reposer sur les autres pour des tâches si "futiles" que des recherches, elle n'allait tout de même pas faire elle-même ce qui était le métier d'un autre. Elle avait donc besoin de lui, mais tant qu'il se reposait, c'était l'occasion idéale pour jouer à son nouveau jeu - deviner l'origine géographique d'une personne à partir de son apparence. La Fuerza l'observa donc quelques instants en réfléchissant.
*Voyons... Ses cheveux sont étranges, je n'ai jamais vu une telle teinte. Il a l'air assez mince, probablement plus grand que moi, mais c'est difficile à dire. Et sa peau est très claire... Aucune idée. Je ferais mieux d'en profiter pour me renseigner sur les autres pays, tant que j'y suis.*Son ignorance en termes de géographie n'était pas très flatteuse, mais elle devait bien reconnaître les limites de ses connaissances si elle souhaitait les améliorer. Rien ne l'avait destinée à quitter Fuerza, sauf pour Señal, et il était déjà bien qu'elle eût appris l'obakien. Et puis, ce n'était pas la nécessité de s'instruire qui l'avait menée à cette bibliothèque, mais simplement sa curiosité. Ce fut également celle-ci qui la décida à réveiller le bibliothécaire :
"Excusez-moi, jeune homme ?"Si cela ne suffisait pas à le faire émerger, elle le répéterait, plus fort s'il le fallait, jusqu'à ce qu'il fût bien réveillé. Puis, s'il ne s'enfuyait pas ou ne la perturbait pas avec une remarque ou question quelconque, elle demanderait :
"Bonjour. Je souhaiterais avoir quelques informations sur le pays de WasserWelt. C'est bien un pays, n'est-ce pas ?"