12 Oct 2011, 23:52
...pour se sentir aspiré par celle-ci comme si on l'y plongeait de force, bien qu'il n'y eût personne pour l'y traîner. Après sa main gauche, ce fut son bras qui passa dans l'Ombre, puis son épaule, un bout de son torse, sa tête... Tandis que le reste du corps suivait, Edward eut le temps d'observer l'endroit dans lequel il était en train d'apparaître - car oui, il avait été téléporté vers un lieu inconnu qui n'avait rien de commun avec la bibliothèque.
Une pénombre quasi complète régnait dans la pièce, pourtant bordée de nombreuses fenêtres, car les volets étaient tous clos. Une multitude d'ampoules émettant chacune une faible luminosité étaient réparties tout autour de la pièce, sur le parquet, mais également autour du plafond. On y voyait assez pour lire, ou pourquoi pas coudre, sans pour autant être gêné comme on pouvait l'être par certains éclairages électriques. Au centre de la pièce, une table basse entourée de poufs, répartis sur un large tapis. Autour, une grande bibliothèque, une télévision posée à même le sol qui ne semblait pas être branchée, et quelques meubles un peu poussiéreux. Sur le mur de gauche, trois portes ; aucune sur celui de droite, d'où descendait un escalier indiquant qu'on se trouvait au moins au premier étage - et probablement au dernier.
Entièrement apparu, Edward atterrit sur un pouf sur lequel, en y prêtant attention, il pouvait remarquer un sceau identique à celui qui figurait sur le papier. Car oui, le dessin qu'il avait pris pour une simple signature était également un sceau, celui qui avait servi à le transporter jusqu'ici. Il avait vu juste, cependant, et réussi à faire ce qu'on attendait de lui, ce qui était encourageant compte tenu de son état actuel. Tandis qu'il reprenait ses esprits, on l'accueillit.
"Edward Hibiki, je présume. Veuillez excuser mes manières, je ne pouvais me permettre de me déplacer en personne, et encore moins de vous donner une adresse à laquelle me rendre visite."La voix rauque qui ne trahissait aucune émotion provenait de la femme assise face à lui. Si le bibliothécaire se fiait à ses yeux, il pouvait estimer l'âge de cette inconnue à une trentaine d'années au maximum. Cependant, ses cheveux gris foncé donnaient généralement l'impression qu'elle était plus âgée que ses traits ne le laissaient penser. Sa beauté avait dû être éclatante, jusqu'au moment où un incident quelconque avait causé l'apparition d'une longue cicatrice qui parcourait le côté gauche de son visage. Les marques de cette ancienne blessure étaient propres, nettement refermées, même sur la paupière close qui semblait scellée par des fils invisibles. Quant à son œil intact, il était rouge, chose courante à Satô mais quelque peu inquiétante sur ce visage défiguré.
"Mon nom ne vous dirait rien et je ne l'utilise plus depuis des années ; je vous prie donc d'accepter Mei Waruga comme étant mon identité."Sur son bustier noir partiellement recouvert de bandes de tissu gris nouées autour de son ventre et sa poitrine, une araignée rouge large d'une dizaine de centimètres était posée. Réelle ou brodée, difficile à dire ; en tout cas, elle ne bougeait pas de là, et celle qui la portait n'en semblait nullement gênée - ni par celle-ci, ni par le fin kimono noir, ouvert, qui recouvrait seulement ses épaules. Derrière elle se trouvait un imposant miroir, appuyé contre le mur, dans lequel on pouvait voir l'arrière de son vêtement, sur lequel étaient brodés deux tigres dorés. Edward pouvait également y étudier son propre reflet, si toutefois il supportait cette vision cauchemardesque - le teint blafard, les cernes et tout le tralala - qui devait donner une bien étrange image de lui à la femme qui l'avait fait venir, mais après tout, elle-même avait une apparence assez particulière.
"Votre ami Jayne a porté à ma connaissance une affaire pour laquelle vous avez besoin d'aide. Pourrais-je avoir votre version des faits ?"Tout en disant cela, elle restait imperturbable, servant deux tasses de thé fumant dont l'une fut placée devant son invité forcé. Le deuxième mot avait cependant été placé avec une intonation moqueuse, comme si elle savait que le Neojin et le Satôsien n'étaient pas en très bons termes. Jusqu'ici, cependant, il était impossible de savoir ce qu'il lui avait raconté, que ce fût à propos d'Edward lui-même ou au sujet de l'
affaire dont elle parlait. Enfin, plus important : il ignorait surtout qui elle était, et s'il pouvait réellement tout lui dire... Mais après tout, Jayne avait dit qu'il contacterait une personne qui pourrait les aider. Alors, ferait-il confiance au jugement du blondinet ?