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Histoire de Satô : légende de la création de la ville


La légende de la fondation de Satô est la version officielle de l'histoire de la création de la ville, et les Satôsiens y croient généralement dur comme fer, ne voyant aucune raison d'en douter. Certains doutent tout de même et prétendent que la fondation aurait en fait été bien moins glorieuse que celle qui est racontée, avec son lot de morts tant civils que militaires, mais rien ne permet plus, aujourd'hui, de déterminer qui a tort et qui a raison.

Bien avant la création de Satô, il existait un empire nommé Obake, gouverné par l'empereur Washi qui avait constitué une puissante armée de bushis et ninjas. Ceux qui étaient dans les bonnes grâces de l'empereur s'enrichissaient, profitant d'un train de vie plus que satisfaisant, tandis que les autres avaient les miettes. Plus on s'éloignait de la capitale, plus on avait de liberté, mais à la moindre révolte, à la moindre prise d'initiative, les bushis intervenaient pour rosser les révolutionnaires. Cependant, les révoltes ne cessaient pas, ce qui était bien ennuyeux.

Tanke Riona : la révolte de Lani


Un beau jour, les habitants d'un petit village de la région de Hioshi, Lani, firent parvenir un message aux ninjas de l'empereur : « aidez-nous ou vous devrez nous exterminer jusqu’au dernier ». La résistance s’organisa, mais le roi ne fléchit pas, nullement impressionné. Il avait confiance en le pouvoir qu’il possédait depuis des années, ainsi qu'en son principal atout : Tanke Riona.

Tanke était un prodige, un jeune homme d’à peine vingt-cinq ans qui avait gravi à une vitesse hallucinante les échelons de l’armée. Il était au service du roi depuis une dizaine d’années, et c’était certainement le ninja le plus célèbre d’Obake. Sa force n’était plus à démontrer ; même ceux qui étaient de son côté le craignaient. Washi en avait bien conscience, et le déplaça sur l’échiquier géographique afin de mettre fin aux rébellions. La simple présence de Tanke suffisait à calmer les manifestants. Son teint très pâle, ses yeux verts presque blancs et la rose tatouée dans son cou permettaient à tous de reconnaître celui qu’on surnommait « l’ombre ». Il n’avait pas à se battre, puisque personne ne lui arrivait à la cheville. Pourquoi parler quand tout le monde sait ce qu’on va dire ? Pourquoi se défendre de ceux qui ont trop peur pour attaquer ?

Tout ce qu’il faisait, c’était écouter. Il écouta le peuple se plaindre à de nombreuses reprises. Il n’écouta qu’une fois l’ordre de Washi lui demandant de décimer les habitants d’un village qui n’obéissait plus à ses lois, « pour l’exemple ». Tanke partit seul, sans arme ni troupe d’hommes. Après tout, n’était-il pas une armée à lui seul ? Il eut assez des quelques centaines de kilomètres qui séparaient la capitale du petit village, nommé Lani, pour réfléchir à ce qu’il avait à faire. Et lorsqu’il arriva à destination, ce fut pour dire aux habitants de faire leurs bagages et de le suivre. A croire qu’il en avait assez de n’être qu’une ombre au service d’un empereur qui utilisait son pouvoir de façon inconsidérée.

Les Shiba : départ pour la Région Libre


A Lani se trouvait une famille différente des autres, qui était un jour arrivée de la capitale et n'y était jamais retournée. Son chef avait plus d'une fois sauvé les habitants de Lani, grâce à ce qu'il appelait son don : le chef Shiba avait la capacité de voir l'avenir, qu'il avait héritée de son grand-père, et que celui-ci avait hérité de son propre grand-père bien avant. Les Shiba avaient cru en Obake, mais Washi leur avait ôté cette foi. A l'arrivée de Tanke Riona, ils décidèrent de croire en lui, et tous les habitants de Lani firent de même. Guidés par l'ombre et par le voyant, ils se mirent en marche vers l'ouest, en quête d'une terre fertile située près d'une forêt luxuriante au centre duquel se trouvait un lac. Aucun des voyageurs ne connaissait l'endroit, mais le chef Shiba en avait eu une vision.

Apprenant le départ du prodige et la trahison de celui-ci, Washi fulmina. Il envoya aussitôt d'autres ninjas à la poursuite des fuyards. Une poignée d'Obakiens lui importait peu, mais Tanke devait revenir, et subir sans broncher la punition que l'empereur trouverait appropriée. Malheureusement pour Washi, Tanke n'était pas considéré comme « le meilleur ninja » pour rien, et les ninjas envoyés pour le tuer ne rentrèrent jamais à la capitale. Par conséquent, lorsque Washi voulut envoyer d'autres ninjas, ceux-ci refusèrent de se frotter à la « légende » et s'enfuirent, se cachèrent, ou imitèrent Tanke. L'initiative du prodige créa donc une division parmi les ninjas, entre ceux qui, comme les bushis, souhaitaient rester fidèles à l'empereur, et les autres, du côté du peuple, qui voulaient utiliser leurs capacités exceptionnelles pour aider la population.

La fondation de Satô


Au bout de ce qui sembla être une éternité, le groupe de Lani arriva finalement à la terre tant cherchée. On nomma le lac Shizuku et la forêt du même nom, mais ce fut l’aspect d'une espèce de sable blanc, semblable à du sucre, qui décida les nouveaux venus à nommer les fameuses terres fertiles Satô. Ce n’était pas le nom d’un pays, mais celui d’un village. Le leur. Tanke se vit attribuer le poste de chef du village, ou plutôt le kage selon le second dialecte d’Obake. Un Conseil de la ville fut créé, comportant un membre de chacune des familles fondatrices de Satô, dont certaines devinrent des clans qui existent toujours aujourd'hui, comme les Shiba. Lorsque le village eut suffisamment grandi, le kage fit construire une académie dans laquelle seraient formés, de façon mieux organisée, les futurs ninjas de la ville.

La ville se développa rapidement, avec l'arrivée d'autres anciens Obakiens, mais également, au fur et à mesure, d'autres peuples, comme des Skampiens venus du nord du continent, d’Anglyais apportant des merveilles technologiques, et même de rares Señalos dont on se demandait ce qu'ils étaient venus faire jusqu'ici. En 1693, un conflit entre le kage de l'époque et quelques-uns de ses anbus mena une petite partie de la population à quitter Satô ; ces Satôsiens seraient bientôt les fondateurs d’Oki, un petit village au bord de la mer au sud de la Région Libre.

Vérité ou propagande ?


L'histoire de Satô, bien qu'enseignée à tous les niveaux de la formation scolaire (et même à l'Académie des Ninjas), ressemble à une sorte de gruyère. Elle est généralement racontée d'une manière très favorable à Satô, très glorieuse comme certains le diraient. Les ninjas y sont toujours présentés comme des héros, et chaque kage semble être l'homme le plus généreux et bienveillant au monde. Une fois de plus, les Satôsiens veulent bien y croire, mais ceux d'entre eux qui ne laissent pas ce bourrage de crâne les influencer dénoncent cette propagande organisée à cause de laquelle de nombreux événements sont passés sous silence.

Ce n'est donc pas dans un livre d'histoire scolaire que l'on peut apprendre ce qui s'est réellement passé, ni aux archives publiques de la ville, mais en se débrouillant bien, il est tout de même possible de grappiller ça et là quelques informations suffisamment sinistres pour ternir le blason de Satô. Et ce ne sont pas les journaux qui se risqueront à révéler la vérité, ayant trop peur de la censure pour cela.

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